Education

Cantines scolaires : Un débouché potentiel pour la production locale

Les repas scolaires constituent un moyen de lutter contre la faim pour des millions d’enfants à travers le monde, contribuant ainsi à leur éducation,  à leur nutrition, à leur santé et à leur productivité future. Au Burundi, au-delà de cela, avec le programme national d’alimentation scolaire, l’agriculteur en profite, car les cantines scolaires constituent d’excellents marchés d’écoulement pour la production locale

Dans les pays les plus vulnérables de la planète, un repas quotidien à l’école est une mesure incitative qui contribue largement à scolariser les enfants (et en particulier les filles) et à les maintenir à l’école. Une bonne nutrition est également essentielle pour que les élèves soient capables de se concentrer et d’apprendre.

Les cantines scolaires endogènes, diffèrent des cantines scolaires classiques par le fait que les premières s’approvisionnent sur le marché local tandis que les deuxièmes s’approvisionnent à l’étranger. Le programmes d’alimentation scolaire qui a été présenté au conseil des ministres le 14 novembre 2018, préparé à base de produits locaux, établit un lien entre les cantines scolaires et la production des petits agriculteurs. Ils sont ainsi un moyen efficace de fournir une alimentation adéquate aux écoliers, de stimuler l’agriculture locale et de transformer l’aide alimentaire en un investissement durable pour l’ensemble de la communauté.

Liboire Bigirimana, directeur national des cantines scolaires: « Le programme national d’alimentation scolaire est intéressant, surtout que les petits producteurs ruraux constituent le maillon important de la chaîne »

Qui du développement des cantines scolaires ?

« Le programme des cantines scolaires est un programme qui a été imaginé en 2009 lorsque les provinces du Nord ont connu  des problèmes de sècheresse très sévères. Ce qui a touché très significativement les récoltes au niveau des familles », explique Liboire Bigirimana, directeur national des cantines scolaires. Les écoles  de la région Nord affichaient un taux d’abandon élevé par rapport à  celle des autres régions. C’est ainsi que le Programme Alimentaire Mondial (PAM) en collaboration avec le gouvernement du Burundi a tenté d’y apporter une solution en introduisant un programme qui consiste à distribuer un repas chaud de midi à tous les enfants  des écoles ciblées, ajoute-t-il.

Depuis 2009, le champ d’intervention a été étendu : de trois provinces du Nord (Kirundo, Muyinga et Ngozi) jusqu’ à sept  provinces (Bubanza, Bujumbura, Cibitoke et Gitega). Le programme intervient en faveur de  600 000 enfants, soit un quart des effectifs des écoles fondamentales et sont éparpillés dans 700 établissements scolaires. Chaque enfant reçoit un repas équivalent à 33 dollars par an.

Le tremplin du développement du monde rural

Le programme a commencé avec les produits importés (le riz, le haricot, le maïs). «En 2013, on a pensé à une nouvelle philosophie : alimenter les cantines scolaires par production locale. En 2016, les chefs des gouvernements de l’Union Africaine se sont convenu que le programme des cantines scolaires endogènes soit mis en place dans les pays respectifs», explique Bigirimana.

«Ce programme est intéressant, surtout que les petits producteurs ruraux constituent le maillon important de la chaîne. Lorsque le climat a été clément, les producteurs manquent de débouchés», lance le directeur national des cantines scolaires

Le programme d’alimentation scolaire constitue un marché potentiel rémunérateur pour les associations de production agricole et d’élevage, étant donné qu’il doit se ressourcer localement en vivres. Ce programme, a-t-il dit, est un tremplin du développement du monde rural.

Cependant, Bigirimana explique que jusqu’à maintenant, on est en train de jouer au binôme importation-exportation. L’importation continue à prévaloir parce que la production locale ne permet pas encore de subvenir aux besoins des écoles qui ont des cantines scolaires.

Pour  satisfaire le marché local, le PAM appuie les associations des agriculteurs en leur octroyant des intrants agricoles, des semences sélectionnées sans oublier l’organisation des séances de conditionnement de ces denrées.

L’achat des produits utilisés pour les repas auprès de petits agriculteurs locaux, en majorité des femmes, stimule l’agriculture locale et transforme l’aide alimentaire en un investissement durable pour l’ensemble de la communauté.

Un gain pour l’économie burundaise

En consommant local, il y a une masse monétaire qui est injectée dans la communauté et qui lui permet de se développer. Selon Bigirimana outre  le fait que s’approvisionner sur le marché local encourage les petits exploitants agricoles à améliorer leur production, il permet aussi de protéger les enfants bénéficiaires contre les effets secondaires de la consommation des aliments auxquels ils ne sont pas habitués. Par ailleurs, l’approvisionnement en terre étrangère alourdit le coût et expose le processus à des interruptions dues à des facteurs exogènes. Aussi, comme le constate M. Bigirimana, il y a une réduction des fuites des capitaux puisqu’ on importait en devises.

Les programmes de repas scolaires ont de nombreux avantages : ils constituent une puissante incitation à la scolarisation des enfants (et en particulier les filles) et à les maintenir à l’école, en leur garantissant l’apport nutritionnel dont ils ont besoin pour mieux se concentrer et apprendre. Le PAM collabore avec le gouvernement afin de lui permettre de prendre en charge l’initiative des repas scolaires, qui sera, à terme financée et gérée à l’échelle nationale.

« Le programme d’alimentation scolaire est officiellement reconnu comme étant une intervention essentielle pour assurer une éducation de qualité et lutter contre la malnutrition chronique et l’insécurité alimentaire dans le pays. Et, pour être efficient, il fallait penser à un cadre légal. D’où l’élaboration complète  et concrète du programme avec la vision du gouvernement, des intervenants et les perspectives », indique M. Bigirimana. C’est ainsi que ce cadre légal qui a été étudié au conseil des ministres du 14 novembre 2018.  Il fait déjà partie du plan national d’éducation 2012-2020 et des politiques gouvernementales à plus large échelle.

« L’étape suivante sera de passer à l’élaboration d’une stratégie qui permettra de mobiliser les fonds nécessaires pour financer les cantines scolaires dans toutes les provinces du pays », lance le directeur national des cantines scolaire.

A propos de l'auteur

Dona Fabiola Ruzagiriza.

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