Dans la commune de Mugere, un dépotoir communal devient une ressource. Des jeunes trient plastiques et matières organiques pour les valoriser. Les plastiques serviront à fabriquer les pavés et les briques, les biodégradables seront utilisés comme fumure. Une initiative qui crée de l’emploi, assainit la commune et protège l’environnement.

« Désormais, nous n’appelons plus cela des déchets, mais du blé, car cela nous nourrit ».
Dans la zone Ramba, colline Gakungwe de la commune Mugere, au bas de la route nationale numéro 3, un dépotoir attire l’attention dans une vaste parcelle appartenant à la commune. Là, des tas de déchets ménagers de toutes sortes, plastiques, biodégradables, objets divers sont éparpillés. Des jeunes, munis de houes et de râteaux, s’affairent à trier méthodiquement : les plastiques et autres objets non biodégradables d’un côté, les biodégradables de l’autre. Plusieurs sacs étaient déjà remplis de ces matières organiques avant notre arrivée. Pour donner du rythme à leur travail, ils entonnaient des chansons exprimant que seuls ceux qui travaillent dur pourront bientôt se nourrir.
L’administrateur communal de Mugere, Mme Adélaïde Hatangayo, explique que lors des activités de salubrité menées dans toutes les zones de cette commune, un problème sérieux a été constaté. « Nous avons visité les marchés et constaté que leurs dépotoirs étaient saturés, car ceux qui assuraient auparavant leur vidange vers le dépotoir de Buterere s’étaient désistés, faute de moyens de déplacement », dit-elle. La commune, elle aussi, ne disposait pas de ressources nécessaires pour transporter ces déchets jusqu’à Buterere. « Nous avons compris que cela nécessiterait beaucoup de moyens. Nous avons donc utilisé les ressources disponibles pour commencer à vider les marchés vers ce terrain communal », ajoute-t-elle.
De la saleté à la prospérité
Dans un premier temps, ces déchets ont été triés et utilisés pour fertiliser les champs communaux. Mais la quantité produite de déchets par les marchés dépassait les capacités utilisées par la commune et le reste de ces déchets posait des problèmes environnementaux. C’est alors que les jeunes du club de salubrité composé de 145 membres ont demandé l’autorisation de séparer les déchets : matières organiques d’un côté, plastiques de l’autre. Leur projet est ambitieux : commercialiser la matière organique comme fumure et transformer les plastiques en pavés, carreaux et briques.
« Désormais, nous n’appelons plus cela des déchets, mais du blé, car cela nous nourrit », déclare Claudine Hatungimana, responsable du club. L’initiative a été lancée en janvier 2026. « Nous avons réfléchi à la manière de contribuer à la propreté de notre commune et trouvé un expert pour nous aider à transformer ces déchets en matériaux de construction », se réjouit-elle. Elle témoigne que ce travail leur permet déjà de gagner un peu d’argent. Pour les matières premières, elle ne s’inquiète pas : « L’administrateur nous a autorisés à extraire du sable des rivières de Mugere, et les plastiques, nous les collectons ici ou dans les autres points de collecte. » Elle estime que la production de ces matériaux de construction commencera dans deux semaines et appelle les sociétés qui avaient cessé de collecter les déchets ménagers à les amener dans ce dépotoir pour qu’ils soient valorisés.
L’administrateur communal se félicite de cette initiative des jeunes qui contribue à réduire le chômage, à améliorer la salubrité et à protéger l’environnement.




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