Société

Elections de 2020 : Qu’attend la population des nouveaux élus ?

A la veille des élections générales de 2020, l’opinion publique s’exprime sur les attentes de la population après le verdict des urnes. C’était lors de la synergie des médias du 16 avril 2020. Ainsi, les électeurs demandent aux candidats de prioriser les projets qui favorisent le développement socio-économique. A travers cet article, Burundi Eco retrace les grandes lignes de ladite synergie

A moins d’un mois du triple scrutin (élections présidentielle, législatives et communales) du 20 mai prochain, une émission en synergie sur les attentes de la population a été organisée. Entre autres questions au plateau : quelles sont les attentes de la population burundaise dans le domaine socio-économique et dans d’autres secteurs de la vie du pays ? Quelles sont les relations entre les candidats et l’électorat ? Les électeurs sont-ils au courant des projets de société de différents candidats ?

La population s’exprime

En province de Kayanza, les habitants du site des déplacés de Gashibuka de la commune Muhanga demandent aux nouveaux élus des logements d’autant plus que leurs habitations demeurent très précaires. D’autres demandent la continuité des programmes de gratuité de soins de santé pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans.

Le vœu le plus ardent est que le site soit transformé en village de paix. Ils estiment qu’ils n’ont pas de moyens pour se faire construire de nouvelles maisons et retourner dans leurs villages. Au Sud du pays, les rapatriés de la commune Mabanda en province Makamba attendent des nouvelles institutions la mise en œuvre des projets d’adduction d’eau potable, la création des industries pour réduire le chômage des jeunes, l’aménagement des pistes d’accès pour faciliter la circulation des biens et des personnes, la réduction des taxes et impôts ainsi que la maîtrise de la démographie.

Plus d’infrastructures pour relever l’économie

Au centre du pays, dans les communes de Itaba et Makebuko, les agri éleveurs de cette localité attendent des autorités issues des élections le maintien de la paix, la construction des marchés modernes, la lutte contre l’insécurité alimentaire, la maîtrise de l’inflation, la mise en place de la politique générale de l’emploi et une réforme profonde du système éducatif burundais.

Les participants à l’émission ont appelé les Burundais à la cohésion sociale.

Plus à l’Ouest du pays, nous sommes en province de Cibitoke, les fabricants du vin de banane dit Rugombo demandent l’intervention des élus dans la modernisation des techniques de fermentation du jus de banane. Même son de cloche chez les producteurs de tomates. Ces derniers exigent l’accès aux intrants pour booster la production ainsi que les techniques de conservation. D’autres réclament des institutions de microfinance pour faciliter l’épargne et l’accès au crédit.

Quelles sont les revendications des groupes de personnes vulnérables ?

La communauté Batwa de la commune Kigamba en province Cankuzo attendent des nouvelles institutions un logement décent, l’accès à la propriété foncière pour pratiquer l’agriculture et l’élevage. Les Batwa de la région de Buhumuza suggèrent aussi que l’assurance santé soit universelle. La pauvreté qui gangrène cette catégorie de la population ne lui permet pas de bénéficier des Cartes d’Assurance Maladie (CAM). L’accès à l’éduction est aussi une préoccupation des Batwa de Kigamba. Les personnes vivant avec un handicap de la même localité demandent aux élus de les assister en fonction de leur vulnérabilité et des besoins de chacune d’elles.

La réponse aux attentes de la population

Dans son intervention, Frère Emmanuel Ntakarutimana, a parlé des relations entre les candidats aux élections et les chrétiens. Il insiste sur le fait de séparer les affaires politiques et la foi. Il précise qu’il est souhaitable que les candidats expriment la vision de notre pays dans les 7ans à venir. Le rôle de l’Eglise est de promouvoir une bonne cohabitation entre les gens. Or, poursuit Frère Ntakarutimana ces derniers jours, il y a des lacunes dans le vécu social des habitants. La campagne électorale devrait donc être une période de compétition, des projets de société ainsi que des moyens et stratégies pour leur mise en œuvre.

D’après Frère Ntakarutimana, les prochaines élections devront répondre aux attentes de la population. Toutefois, nuance-t-il, la responsabilité est partagée. Il y a des questions qui nécessitent des réponses venant du sommet de l’Etat et d’autres auxquelles les administratifs à la base et la population peuvent trouver des réponses. Le mieux serait d’asseoir une politique générale qui permet aux citoyens de vaquer librement à leurs activités. Les questions économiques sont récurrentes. Ce qui montre que le pays souffre d’une crise économique. Pour cela, il faut prioriser les programmes à mettre en œuvre de la base au sommet pour redresser la situation.

Les femmes restent sous représenter

Godelieve Manirakiza, représentante légale de l’Association des Femmes Rapatriées du Burundi (AFRABU) estime qu’il est encore tôt pour parler des relations entre les électeurs et les candidats. Par contre, souligne-t-elle, la population a été suffisamment sensibilisée sur l’importance d’élire et de se faire élire au cours de la campagne pré-électorale. Elle fait savoir que la population a besoin de projets et/ou programmes concrets qui visent à améliorer le niveau de vie. L’autre souhait est le respect des quotas genre tels que définis par la Constitution, soit 30% de femmes dans les instances de prise de décision. La femme est sous-représentée dans les institutions. Les proportions sont de l’ordre de 18 % uniquement.

Les jeunes font face à de nombreux défis. Les nouveaux dirigeants auront du pain sur la planche, déclare Sylvestre Nshimirimana, secrétaire exécutif au sein du Réseau des Organisations des Jeunes pour la Paix la Réconciliation et le Développement (REJA). La jeunesse est en proie à la pauvreté et au chômage. D’autres contraintes sont liées à la dégradation de la qualité de l’enseignement, aux abandons scolaires, etc., indique M. Nshimirimana.

Les participants à l’émission ont invité les Burundais à renforcer la cohésion sociale. La population, y compris ceux qui aspirent au pouvoir doit se départir des séquelles du passé. Raison pour laquelle toutes les parties prenantes (les leaders politiques, les confessions religieuses, la société civile, les syndicalistes, etc.) doivent apporter la pierre à l’édifice.

Notons que la synergie de six médias dont les radios Isanganiro, Rema FM et Izere FM, le groupe de presse Iwacu, le journal Burundi Eco et le collectif des bloggeurs Yaga a été organisée par la Benevolencija sur appui financier de la Coopération Suisse et du Royaume des Pays-Bas.

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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