La crise socio-politique qui secoue le pays depuis une année n’a pas épargné les médias. Certains
d’entre eux ont été détruits, d’autres fermés. Les journalistes à leur tour se sont exilés et d’autres ont été réduits au chômage.
Alors que le thème de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée ce 3 mai 2016 était : « Accès à l’information et aux libertés fondamentales ; c’est notre droit ! », même les journalistes qui essaient d’exercer ce métier sur le territoire national ne jouissent pas comme il faut du droit d’accès à l’information ou à leur intégrité physique.
Le nouveau président en même temps professionnel des médias à la tête du Conseil National de la Communication (CNC), Hon. Karenga Ramadhan reconnait le droit de tout citoyen non seulement d’être informé, mais aussi de livrer l’information. Cependant, il doute de l’application. Il se demande quand par exemple quelqu’un peut être appelé journaliste. « C’est lorsqu’il porte sa caméra ou son appareil photo qu’il est appelé journaliste ? », s’interroge-t-il. L’honorable Karenga estime qu’il y a ce qu’on appelle dans le jargon du métier « journalistes prostitués ». Ces derniers, selon toujours lui, ne maîtrisent pas leurs droits et leurs devoirs et surtout n’ont pas de document d’identification. Par ailleurs, se demande-t-il, est-ce que les textes de loi régissant le métier du journalisme sont connus par tout le monde ? Inclus la population, les pouvoirs publics et les journalistes eux-même !
Le président du CNC annonce que c’est la raison pour laquelle le conseil de rendre publiques deux nouvelles décisions. Cela pour relever quelques défis afin de rendre le métier plus professionnel et d’en finir avec le « journalisme prostitué ».
Les principales obligations de ces décisions sont la création de la Carte de Presse Provisoire et l’inscription de toute personne désireuse d’exercer le métier de journaliste ou de technicien de communication sur le territoire national dans un Registre National des Médias.
L’application de ces obligations ne devrait pas excéder un mois depuis les dates de signature de ces décisions, à savoir le 18 et le 19 avril 2016.
Nul doute que l’initiative de prendre ces décisions est louable. Cependant, de bonnes initiatives n’ont cessé de voir le jour. Toutefois, elles n’ont pas cessé d’être escamotées par ceux-là même qui les prennent.
Nous nous souvenons qu’en mai 2014, les premières Assises nationales des médias du Burundi se sont ouvertes à Gitega. Il s’agissait d’une très grande concertation entre la profession et d’autres acteurs, notamment le Gouvernement, le Parlement et la Société civile.
Aujourd’hui, si on demandait à un des participants à ces assises où est-ce qu’il en est avec l’application des recommandations, qu’est-ce qu’il répondrait ? Peut-être qu’il serait confus. Nous n’affirmons pas d’une manière générale qu’elles sont jetées dans les tiroirs, mais leur influence sur le paysage médiatique semble inaperçue.



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