Le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU (OCHA) au Burundi lance une alerte sur la recrudescence des cas de paludisme dans le pays. Deux millions de nouveaux cas de paludisme ont été enregistrés depuis le début de cette année. 17 sur 46 districts sanitaires que comptent le pays sont au-dessus du seuil épidémique. Les autorités sanitaires évoquent les changements climatiques comme principale cause de cette situation. La riposte contre le fléau est en cours
D’après le bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires au Burundi, le paludisme atteint des proportions épidémiques. Près de deux millions de cas de paludisme sont apparus depuis le début de 2019. Il s’est observé une migration de la zone de concentration des cas de paludisme de l’Ouest vers l’Est par rapport aux années précédentes. « Sur 46 districts sanitaires du Burundi, 17 connaissent des proportions épidémiques. Les ressources pour répondre à cette situation sont limitées. Ce qui aggraverait la situation en cas de déclaration d’épidémie », s’inquiètent les experts de l’OCHA.
Pourquoi la flambée des cas de paludisme ?
Pour l’OCHA, cette situation a été exacerbée par une augmentation de la résistance aux médicaments et de mauvaises habitudes qui rendent les gens de plus en plus exposés aux piqûres des moustiques (comme l’utilisation de cuisines extérieures et une distribution limitée de moustiquaires imprégnés d’insecticides à longue durée d’action).

Le ministre en charge de la santé Dr Thaddée Ndikumana a fait savoir que la recrudescence des cas de paludisme est due au changement climatique. La saison pluvieuse s’allonge alors que le mois de mai marquait le début de la saison sèche. Les végétations favorisent la prolifération des moustiques, a expliqué le ministre Ndikumana lors d’un point de presse animé en mai dernier.
Des stratégies pour lutter contre le paludisme
Les autorités se mobilisent pour lutter contre le paludisme. Le ministère de la Santé a déjà mis en place des sites avancés dans lesquels officient d’autres prestataires de soins qui ne font pas partie du système médical. Ceux-ci sillonnent les villages pour diagnostiquer et traiter le paludisme. Les autorités sanitaires croient dur comme le fer que cette stratégie viendra à bout de la maladie qui sévit à travers le pays.
Il invite les administratifs à la base à multiplier les séances de sensibilisation pour prévenir le paludisme. L’accent particulier est mis sur les bonnes pratiques, notamment l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action. Le ministre Ndikumana confirme la recrudescence des cas de paludisme et la diminution des cas de décès liés à cette maladie. « La population a accès au traitement efficace et aux antipaludéens », rassure-t-il.
L’Artemisia est-elle une solution miracle contre la crise paludique ?
L’Artemisia est une plante qui a démontré son efficacité dans la prévention du paludisme. Cette plante a été utilisée depuis l’Antiquité en Chine pour se prévenir contre les maladies parasitaires. La communauté scientifique a commencé à s’intéresser aux propriétés de cette plante après la guerre des Etats-Unis contre le Vietnam.
Les soldats Vietnamiens qui n’avaient pas accès aux produits pharmaceutiques importaient des feuilles d’Artemisia de la Chine. Ils en consommaient régulièrement sous forme de tisane d’Artemisia. Les vaillants soldats restaient indemnes malgré les piqûres de moustiques. Par contre, leurs adversaires Américains ont été frappés par une crise paludique sans précédent malgré les doses antipaludéennes leur administrés, rapportent nos confrères de France 24 dans un documentaire inédit sur cette plante miraculeuse.
Encore des recherches pour prouver son efficacité ?
En Afrique, des recherches ont été menées notamment en République Démocratique du Congo, rapporte la même source. Les résultats de laboratoire ont démontré que les patients auxquels on a administré l’Artemisia n’avaient pas de plasmodium dans leur sang. De même, le test effectué sur des écoliers de l’Est de la RDC qui consommaient de la tisane d’Artemisia a révélé que les enfants étaient moins exposés au paludisme qu’avant l’introduction de la plante. Malgré les résultats de ces études, l’OMS se réserve de reconnaître l’Artemisia comme une thérapie contre le palu. Les observateurs craignent un conflit d’intérêts des multinationales qui ne veulent pas que leur business soit bousillé. Les études de cas menées en RDC n’ont jamais été publiés. Les laboratoires d’analyse sur l’Artemisia ont été saccagées juste avant la publication des résultats. Les scientifiques ont accusé les industries pharmaceutiques d’être derrière cet acte.
Le Burundi n’est pas en laisse
L’Artemisia est en phase expérimentale. Les tradipraticiens ont introduit cette plante médicinale il y a un bon bout de temps. Cependant, ils ne sont pas parvenus à s’imposer sur le marché. L’Agence Consultative en Ethique de la Coopération Internationale (ACECI) s’est lancée dans la culture de l’Artemisia au Sud du pays dans les provinces de Rutana et Makamba. Les premiers résultats sont probants. Les responsables de cette association appellent à la vulgarisation de cette culture. D’ailleurs, un projet de construction d’un centre de traitement de l’Artemisia a été lancé ce mercredi à Gitega. Les autorités recommandent des études pour prouver l’efficacité de cette plante.
En 2017, le pays a été frappé par l’épidémie de malaria. Tous les districts sanitaires étaient en état d’alerte pour endiguer ce fléau. Des moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action ont été distribuées sur tout le territoire national. Cependant il faudra s’imprégner du bon usage de ces moustiquaires, car il a été constaté leur utilisation à des fins non médicales. Le pari de lutter contre la malaria est loin d’être atteint dans la région Afrique où la pauvreté gagne du terrain. Pourtant, vaut mieux prévenir que guérir.




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