Le Fonds Monétaire International veut intervenir pour répondre aux grands besoins de l’Afrique subsaharienne. Cela en accordant un financement d’environ 16 milliards USD pendant l’année en cours et en allégeant la dette des 22 pays les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète. Est-ce que le Burundi serait parmi les pays éligibles ?
Selon Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du Fonds Monétaire International (FMI), en l’absence d’une aide financière supplémentaire considérable, de nombreux pays d’Afrique subsaharienne peineront à simplement préserver la stabilité macroéconomique. Cela tout en répondant aux besoins essentiels de leur population.
«Le FMI a agi rapidement pour répondre à une grande partie des besoins de la région en accordant des financements avoisinant 16 milliards USD à 33 pays pour la seule année en cours et un allégement immédiat du service de la dette à 22 pays d’Afrique subsaharienne les plus pauvres et les plus vulnérables», déclare-t-il.

Les besoins de financement supplémentaires de l’Afrique subsaharienne s’élèvent à 890 milliards USD d’ici la fin de 2023.
Pour ce cadre de la FMI, le fonds va collaborer avec les pays bénéficiaires pour mettre en place des mécanismes de gouvernance ayant pour objectif de garantir que ces fonds profitent à leur population comme prévu.
Il sied également de coopérer avec le G20 pour suspendre les paiements du service de la dette aux créanciers bilatéraux officiels et pour faire en sorte que l’initiative de suspension du service de la dette soit prolongée.
Toutefois, M. Abebe Aemro Selassie indique qu’une aide supplémentaire est nécessaire
« Les besoins de financement supplémentaires de l’Afrique subsaharienne s’élèvent à 890 milliards USD d’ici la fin de 2023. Les flux financiers privés devraient combler moins de la moitié de ce montant, tandis que les engagements actuels des institutions financières internationales et des donateurs bilatéraux n’en couvriront qu’un quart », explique-t-il avant de signaler que dans ce scénario, le besoin de financement prévu pour la région d’ici la fin de 2023 reste de 290 milliards USD.
La Covid-19, une bête noire pour les pays de l’Afrique subsaharienne
« La pandémie de Covid-19 constitue une crise sanitaire et économique sans précédent pour l’Afrique subsaharienne », déplore le FMI. En quelques mois, la propagation du virus a mis en péril des années de développement et des gains acquis pendant des décennies de lutte contre la pauvreté dans la région, tout en menaçant les vies et les moyens de subsistance des millions de personnes.
Dans le rapport sur les perspectives économiques régionales, signale le fonds, il est prévu une contraction de 3% du PIB de l’Afrique subsaharienne en 2020. Ce qui constitue le pire résultat jamais observé dans la région. Ce recul sera encore plus prononcé pour les pays qui sont tributaires du tourisme et des exportations de produits de base. La croissance régionale devrait rebondir faiblement en 2021, à 3,1 %, mais beaucoup de pays ne retrouveront leur niveau de 2019 qu’entre 2022 et 2024.
Le Burundi serait-il dans le viseur du FMI ?
D’après un rapport du FMI de 2014, le conseil d’administration a approuvé l’accord triennal au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) le 27 janvier 2012, avec un accès total à 30 millions de DTS.
Le rapport informe que les première, seconde, troisième et quatrième revues ont été achevées le 27 juillet 2012, le 14 septembre 2013, le 6 septembre 2013 et le 28 février 2014, respectivement. Pour la cinquième revue, tous les critères de réalisation de la fin du mois de mars ont été respectés, mais les recettes budgétaires n’ont pas enregistré les résultats escomptés au cours du premier trimestre de 2014, et des mesures budgétaires correctrices ont été nécessaires (environ 1 % du PIB sur une base annuelle).
S’agissant des réformes structurelles, les progrès sont satisfaisants bien que ces réformes accusent quelques retards. Les services du FMI ont recommandé l’achèvement de la cinquième revue de l’accord au titre de la FEC, la définition des critères de réalisation et des objectifs indicatifs révisés pour septembre-décembre 2014, de même que le décaissement de 5 millions de DTS.
Cependant, dans un article d’ «Iwacu» publié en avril 2020, depuis 2015, aucune mission du FMI ne s’est rendue au Burundi. La dernière consultation au titre de l’article IV date de 2014. Pourtant, ces consultations sont supposées être effectuées sur une base régulière pour tous les pays membres du FMI.




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