Comparativement aux années antérieures, les chiffres des sourds qui font les études que ce soient primaires, secondaires ou universitaires augmentent du jour au lendemain. Ce n’est pas parce que c’est facile, mais plutôt parce que certains d’entre eux sont déterminés à poursuivre leurs rêves jusqu’à leur réalisation. Malgré la détermination de ces sourds, leur avenir professionnel reste obscur.
Malgré leur handicap, les sourds comme d’autres catégories de personnes ont droit à l’éducation. Les conditions ne sont toujours pas favorables. Au moment où certains d’entre eux désespèrent et s’arrêtent à mi-chemin, d’autres choisissent de boire le calice jusqu’à la lie. Bernadette Ndayisenga et Sidonie Nduwimana font partie de ces braves sourds qui ont pu foncer et enfin réaliser leurs rêves.

Bernadette Ndayisenga et Sidonie Nduwimana font partie des braves sourds qui ont pu foncer et réaliser leurs rêves.
B.N est née entendante et est devenue sourde étant en quatrième année primaire. C’est par après qu’elle a rejoint l’école des sourds de Gitega. Arrivée en sixième année, elle a été intégrée dans une classe ordinaire. Heureusement, elle a pu passer le Concours national et orienté par après à l’école Christ Roi de Gitega de l’époque. « Ce n’était pas du tout facile car, lorsque les professeurs dictaient et expliquaient, moi, je n’entendais rien. Je me concentrais sur les notes. Malgré les différents défis auxquels je devais faire face, j’ai combattu car je me disais que je n’avais pas d’autres choix que celui de réussir », affirme -t-elle.
Après avoir décroché son diplôme des humanités générales, à cause de son handicap, elle n’a pas pu être accueillie à l’université publique mais plutôt s’est fait inscrire à l’université du Lac Tanganyika. « On était à trois sourdes dans l’auditoire et chaque fois qu’il y avait un nouveau professeur, nous devrions l’informer que nous sommes des sourds pour qu’en dictant les notes il nous accorde la possibilité de copier sur un collègue ; ou il nous donne un syllabus pour les photocopies ». Elles ont poursuivi leurs études bon gré mal gré jusqu’à ce qu’elles décrochent leur licence.
La quête d’emploi chez les sourds, une affaire compliquée
Si la quête d’emploi est un combat compliqué chez les jeunes normaux, chez les sourds ça devient pire. «Dans la plupart des appels d’offre on demande une attestation d’aptitude physique; ce qui nous exclue d’office», lance Sidonie Nduwimana une sourde lauréate d’une université indienne. Après obtention d’un diplôme de licence elles ont commencé à chercher où elles pourraient être embauchées. «Chaque fois que je me présentais dans une institution pour solliciter un emploi, on me regardait comme si j’étais un extraterrestre. J’ai commencé à perdre espoir et confiance en moi. Mais un jour j’ai décidé de postuler un stage. Heureusement je l’ai obtenu dans le département de gestion au sein du Programme de développement des capacités pour l’éducation (CapEd)», fait savoir Mme Ndayisenga. Son objectif était d’acquérir l’expérience et de se familiariser avec le monde professionnel. «Heureusement, ils ont vu que j’étais capable de travailler et lorsqu’ils ont voulu recruter, j’ai été la première à être embauchée. Ce n’est pas non plus facile de travailler avec des personnes entendantes étant sourde, mais au bout du compte j’ai fini par m’y habituer». Se réjouit-elle
Selon le directeur de l’école des sourds Ephata, ce n’est pas du tout encourageant d’encadrer les élèves tout en sachant que leur débouché professionnel n’est pas garanti. Pour lui, le système éducatif Burundais dit inclusif oblige à l’élève en situation d’handicap de fournir des efforts immenses pour se conformer aux normes et aux programmes scolaires. Alors qu’au contraire, il devrait exiger au système scolaire de s’ajuster afin de répondre aux besoins de tous les enfants. Il invite cependant le gouvernement à mettre en application tous les systèmes nécessaires pour permettre aux jeunes sourds de compétir avec leurs pairs valides.




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