Editorial

L’heure du bilan a sonné

Depuis 2019, le gouvernement appuie les coopératives collinaires dénommées Sangwe dans leurs projets de développement. Plus de 30 milliards de FBu ont été octroyés sous forme de crédits aux 2 911 coopératives collinaires éparpillées sur tout le territoire du Burundi. Deux ans après, le gouvernement évalue l’apport des coopératives dans le développement du pays. Ainsi un recensement est en cours pour identifier les bénéficiaires, l’affectation des fonds et le patrimoine de ces coopératives. Les jeunes en quête d’emploi récemment recensés effectuent des enquêtes pour récolter les données y afférentes.  Les coopératives collinaires sont mises à rude épreuves. Elles doivent justifier l’affectation des fonds alloués aux projets de développement. Le ministère de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique audite les coopératives collinaires. Par après, les membres des coopératives doivent rembourser les fonds conformément à la loi.

Directeur de publication

La mise en place des coopératives collinaires a fait couler beaucoup d’encre et de salives. C’est un projet était politiquement motivée, selon certains observateurs. Initialement pilotée par le secrétariat général du parti au pouvoir, le gouvernement actuellement aux commandes a pris le relais. On se souviendra de la mobilisation des cadres de ce parti pour sensibiliser la population à adhérer à ces coopératives. Des porcelets ont été distribués aux coopérateurs.

Certains députés ont émis des réserves sur la faisabilité de ce projet.  Ils arguent que les coopératives ont été mises en place sur des motivations politiques. Ne serait-il pas un subterfuge de distribuer de l’argent aux militants du parti au pouvoir ?, s’interrogeaient certains députes de l’opposition sur le mécanisme de financement de ces coopératives. Le ministre en charge des finances nuance.  Le gouvernement appuie les coopératives existantes qui œuvrent dans la production, la transformation et la conservation des produits agricoles. Ces dernières ne sont pas des coopératives spontanées. Ce ne sont pas des fonds perdus du tout, a-t-il déclaré dans l’hémicycle de Kigobe lors de la présentation du projet de loi des finances, exercice 2019-2020.  En novembre dernier, le président de l’Assemblée Nationale, Daniel Gélase Ndabirabe a mis en garde les gérants défaillants de ces coopératives. Il s’agit d’un prêt à rembourser, a-t-il martelé. Il a recommandé aux coupables de malversations des fonds de les rembourser et avec des intérêts.

Les administratifs à la base rapportent des dysfonctionnements au niveau de ces coopératives. Ils citent notamment la mauvaise gestion des fonds alloués aux coopératives collinaires, le détournement des fonds, etc. D’autres difficultés sont inhérentes au manque d’éducation financière, aux aléas climatiques et au manque de débouchés. Certaines coopératives ont investi dans des activités moins rentables et a très haut risque notamment l’agriculture et l’élevage.

Les membres des coopératives s’impatientent pour connaitre leur sort. Répondant a une question des Pharisiens, Jésus Christ déclara: « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». A bon entendeur, salut !

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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  • Journal n° 710

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