Les infirmiers s’estiment piliers de la promotion de la bonne santé, et, partant du développement. Cependant, tout n’est pas rose dans l’exercice de leur métier. Face aux multiples réclamations, l’administration promet de tenir compte de leurs doléances. C’était lors de la célébration de la Journée Internationale de l’Infirmier (ère) le 12 mai 2019 dans la province Cibitoke
« J’exerce le métier d’infirmier depuis bientôt 10 ans. Je suis coincée à l’intérieur du pays à plus de 200 km de la capitale Bujumbura là où est basée ma famille. J’ai tenté maintes fois de chercher une mutation, mais en vain », se résigne une infirmière qui a gardé l’anonymat. Rencontrée à Cibitoke lors de la Journée International de l’Infirmière, celle-ci témoigne que dans le temps la vie des fonctionnaires était menée dans une même localité. Ce qui n’est plus le cas. Par ailleurs, martèle-elle, décrocher un boulot n’est pas chose facile et, même si on parvient à le décrocher, on s’attend toujours au redéploiement.
La trentaine, mariée et mère de 2 enfants, elle affirme que son salaire n’apporte rien dans la famille. Et de déplorer : « La rémunération est dépensée dans le transport et au travail ».

Elle indique qu’elle touche à peu près 250.000 FBu. Selon elle, elle rentre à la maison pour voir son époux et ses enfants une fois le mois. Cela pendant la récupération. Le ticket pour une rotation est de 22.000 FBu, soit 11.000 FBu par tour. « Au travail, la chance m’a souri. Je loge dans les homes et je ne paie rien comme frais de location. Mais, je paie une nourrice 20.000 FBu. Le prix de notre ration à deux est évaluée à 150.000 FBu par mois, soit 15 kg de riz, 10 kg de haricots…Le prix de l’huile de palme, du sel, du lengalenga…n’est pas inclus », annonce-t-elle.
Et de s’inquiéter : « Même si je suis fonctionnaire, je ne suis pas épanouie dans l’exercice de mon métier. Quel sera donc mon sort surtout en ce qui est de la contribution psychologique et financière au développement de mon ménage et du pays ».
Pour elle, la facilitation dans l’octroi des mutations et du travail s’impose.
Besoins multiples
« Le pays ne peut pas se développer si la population n’est pas en bonne santé pour produire. Or, l’infirmier est parmi les protecteurs et les promoteurs de la santé. Exercez votre métier avec déontologie et professionnalisme afin de remplir votre devoir », explique Mélance Hakizimana, président du Syndicat National du Personnel Paramédical et d’Appui à la Santé Publique (SYNAPA).
La vie n’a pas d’équivalence, rappelle-t-il. M.Hakizimana certifie que personne n’est autorisé à négliger la santé humaine. Il se lamente que parmi les infirmiers, certains ne remplissent pas pleinement leur rôle. C’est le cas de ceux qui se présentent au travail en état d’ébriété, ceux qui prolifèrent des insultes aux patients, ceux qui pillent les effets des patients…Le syndicaliste s’exclame également que des infirmiers se mêlent aux affaires politiques. Ce qui est contraire aux principes déontologiques. Ce qui conduit à la perte de saveur du métier. Et de continuer : « Que la Journée Internationale de l’Infirmier soit une occasion de changement de comportement pour tout un chacun afin d’aller de l’avant».
Le président du SYNAPA énumère les besoins urgents redevables aux infirmiers. Il cite l’insuffisance des ressources humaines et matérielles, la menace par les maladies transmissibles, un salaire de base toujours minime, l’inexistence d’un fonds de garantie, l’injustice faite par les responsables à leurs subalternes, les lacunes et le non application de la législation ainsi que le blocage de la fréquentation à la faculté de médecine.
Dr Josélyne Nsanzerugeze, assistant du ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida déclare que l’effectif des infirmiers est le plus important dans le personnel du ministère. Elle affirme son rôle prépondérant dans la lutte contre la malaria, le VIH/Sida et dans la maternité. Elle promet de porter la voix plus loin pour que leurs doléances aient une valeur.
La prochaine journée sera célébrée dans la province de Makamba.




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