Développement

Journée Internationale pour l’élimination de la pauvreté : La Banque Mondiale tire la sonnette d’alarme

Malgré les efforts fournis, le nombre de personnes pauvres augmente.  Entre 1990 et 2015, le nombre de pauvres est passé de 277 millions à 400 millions. Et si rien n’est fait, l’Afrique subsaharienne aura plus de pauvres que le reste du monde. La meilleure stratégie proposée pour inverser la tendance est d’investir dans les populations

M. Hafez Ghanem, vice-président de la Banque Mondiale pour la région Afrique : « A voir la réduction du taux de pauvreté on a tendance à dire qu’il s’agit, d’un bon résultat, mais en réalité ce n’est un bon résultat ».

La 31ème Journée Internationale pour l’Elimination de la Pauvreté a été célébrée mercredi le 17 octobre 2018. « Cette journée répond au premier des huit objectifs de la Banque Mondiale qui est de mettre fin à l’extrême pauvreté et à la faim », déclare M. Amadou Alassane, représentant a.i de la Banque Mondiale au Burundi. Dans le même ordre d’idées, M. Hafez Ghanem, vice-président de la Banque Mondiale pour la région Afrique a indiqué que cet évènement concorde avec sa première mission qui est de mettre fin à la pauvreté. La Banque Mondiale œuvre pour un monde dans lequel il n’y aurait plus de personnes pauvres, conclut-il.

Le thème choisi cette année pour le continent africain est : « La jeunesse africaine et des emplois de demain ». La déclinaison de ce thème pour le cas du Burundi est : « La jeunesse et l’emploi futur : défis de l’économie numérique ».

L’Afrique subsaharienne bat le record mondial

D’après Hafez Ghanem, l’Afrique a une richesse plus importante, à savoir : sa jeunesse. Les jeunes ont l’énergie et les capacités nécessaires pour susciter des changements sur le continent. L’économie africaine connait une croissance importante et la proportion des pauvres a tendance à diminuer. « En 1990, 54% de la population africaine vivait en dessous du seuil de pauvreté contre 41% en 2015. A voir la réduction du taux de pauvreté on a tendance à dire qu’il s’agit, d’un bon résultat, mais en réalité ce n’est un bon résultat », regrette M. Hafez. Ce cadre de la Banque Mondiale explique que la croissance démographique très forte en Afrique. Ce qui fait que le nombre de personnes pauvres est passé de 277 millions en 1990 à 400 millions aujourd’hui.  Il y a donc plus pauvres aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Pire encore, les projections indiquent que l’Afrique subsaharienne concentrera en 2030 près de 90 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

Que faire pour lutter contre la pauvreté ?

Il est temps de changer le statu quo. « Nous avons investi dans les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et bien d’autres secteurs. Cependant, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté ne cesse d’augmenter. Que faut-il faire donc ? », s’interroge le vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique. Ghanem propose des stratégies pour réduire l’extrême pauvreté qui sévit dans la région Afrique. Ce sont notamment : Investir dans les populations, promouvoir la santé et l’éducation et enfin encourager l’économie numérique.

Investir dans les populations, une meilleure solution

Pour Ghanem, il faut investir beaucoup plus dans les êtres humains. Cela constitue la meilleure façon de promouvoir le développement économique et d’éradiquer la pauvreté. « En investissant dans les êtres humains, on stimule la croissance. Les populations-les êtres humains-permettent à l’économie et aux gouvernements de fonctionner. D’où l’intérêt d’investir davantage dans les populations » ; explique-t-il.

En Afrique, la malnutrition touche des jeunes enfants voire des bébés. Par conséquent, les enfants n’atteignent jamais leurs capacités en termes de capacités physiques et mentales. « En Zambie, 40% des enfants ne mangent pas à leur faim. Ce qui veut dire que 40% des enfants zambiens ne vont jamais atteindre leurs capacités intellectuelles », déplore M. Ghanem.

50 millions d’enfants en dehors du système éducatif

50 millions d’enfants ne fréquentent pas l’école en Afrique. De surcroît, même ceux qui sont scolarisés n’ont pas accès à une éducation de qualité. « Ils ne maîtrisent pas les éléments de base et n’ont pas la possibilité d’acquérir les compétences nécessaires pour réussir sur le marché du travail », affirme M. Ghanem.

Les jeunes scolarisés doivent maitriser les mathématiques ou bien les sciences ainsi que les compétences linguistiques. L’Afrique a besoin de personnes qui ont beaucoup de créativité, qui travaillent en équipe capables de communiquer et de convaincre. « C’est le genre de compétences et d’aptitudes que nous devons développer davantage », conclut le vice-président Ghanem. Bien évidemment, il faut il faut évidemment avoir une population qui est en bonne santé. Ce qui nécessite des systèmes de santé efficaces pour atteindre des résultats sanitaires positifs. Les gouvernements et leurs partenaires sont appelés à investir davantage dans la santé et dans l’éducation.

L’économie numérique, un véritable challenge

Le secteur technologique offre pas mal d’opportunités d’emplois. L’économie numérique présente un potentiel riche en termes de créations d’emplois, surtout ceux liés à Internet. C’est pourquoi nous devons fixer des objectifs très ambitieux en ce qui est de la position de l’Afrique vis-à-vis de l’économie numérique.  La Banque Mondiale par le biais de son vice-président en charge de l’Afrique, appelle les dirigeants d’afficher la volonté politique à travers la mise en place des lois et des règlementations. Ce qui permettra d’encourager la population à s’intéresser aux technologies et à lancer des start-ups.  Les plateformes numériques pour les gouvernances en ligne, les finances, l’éducation seront une réalité en Afrique.

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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