Economie

La Covid-19 bouleverse les cours des matières premières

L’évolution du marché des matières premières est conditionnée par la loi de l’offre et de la demande. La crise liée donc à la Covid-19 affecte tous les secteurs et surtout ledit marché. Ainsi, cette crise a bouleversé et modifié les rapports commerciaux dans le monde. Au Burundi, les matières premières concernées sont ceux exploités, notamment le café, l’or, le thé, le sucre et les terres rares. Le Nickel, lui reste intact, car sous-exploité à cause du manque de courant électrique et de voie ferrée

La pandémie de COVID-19 a eu un impact négatif plus important que prévu sur l’activité au cours du premier semestre 2020 comme le stipule « Les perspectives de l’économie mondiale » établies par le Fonds Monétaire International (FMI) au mois de juin 2020.

Selon donc les projections, le Produit Intérieur Brut (PIB) mondial devrait se contracter de 4,9% en 2020, c’est-à-dire de 1,9 points de pourcentage de plus que ce qui était prévu dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) d’avril 2020.

Pour le rapport sur la stabilité financière dans le monde de juin 2020, les mesures rapides et audacieuses que les banques centrales ont prises en vue de remédier à de graves tensions sur les marchés ont rehaussé la confiance des marchés, y compris dans les pays émergents, dont certains ont eu recours à l’achat d’actifs pour la première fois. Ce qui a contribué à assouplir les conditions financières.

« Un décalage apparait entre les marchés financiers et l’évolution de l’économie réelle. Cette vulnérabilité risque de compromettre la reprise en cas de diminution de la propension au risque des investisseurs », lit-on dans le rapport.

D’autres vulnérabilités du système financier peuvent être cristallisées par la pandémie de Covid-19. Des niveaux d’endettement élevés peuvent devenir insoutenables pour certains emprunteurs et les pertes causées par l’insolvabilité pourraient mettre à l’épreuve la résilience des banques dans certains pays. Quelques pays émergents et pays préémergents sont confrontés à des risques de refinancement et certains d’entre eux ont perdu l’accès aux marchés.

Le choc de la pandémie de Covid-19 sur les matières premières

Les matières premières sont très importantes dans la création des richesses. On peut donc investir en bourse en achetant des sociétés qui y investissent ou en les commercialisant directement.

« Commodities » en anglais, la matière première est une matière à l’état brut qui n’est pas, ou peu, transformée comme l’indique l’article : « Les matières premières et la bourse : Ce qu’il faut retenir avant d’investir », publié sur le guide boursier.com.

Celui-ci rappelle que les matières premières les plus échangées sont : le pétrole, le gaz, l’or, l’argent, le cuivre, le nickel, le blé, le riz, le sucre, la farine, le coton…

Parmi ceux-ci, le Burundi échange souvent le café, l’or, le sucre, les terres rares, le thé. Le Nickel est toujours inexploité, car il nécessite une grosse quantité d’énergie et un chemin de fer pour son transport.

Le prix de ces matières premières évolue en fonction de l’offre et de la demande, ou des situations liées à la géopolitique, à la politique, à la météo et à l’économie.

Dans un communiqué de presse de la Banque Mondiale (BM) du 23 avril 2020, la pandémie de Covid-19 tire vers le bas la plupart des cours des matières premières. Ce qui devrait entraîner de nouvelles baisses importantes des prix en 2020.

La pandémie de Covid-19 tire vers le bas la plupart des cours des matières premières. Ce qui devrait entraîner de nouvelles baisses importantes des prix en 2020, a estimé la Banque Mondiale en avril dernier.

Forte volatilité des prix du café

Dans le rapport du 20 mai de l’Organisation Internationale du Café (OIC), les experts ont initialement attribué l’instabilité des prix du café à l’incertitude de l’offre et au resserrement du marché. La pandémie de Covid-19 semble avoir aggravé les fluctuations des prix du café.

Ce rapport dénommé « Volatilité des prix du café : Covid-19 et fondamentaux du marché », le nouveau coronavirus représente un choc sans précédent sur l’offre et la demande dans le secteur mondial du café, constituant ainsi un énorme défi pour les producteurs de café, les ouvriers agricoles et les acteurs en aval de la chaîne de valeur.

La livre (lb) d’Arabica à New York est passée de 1,3245 USD vendredi le 11 septembre à 1,18 USD la tonne le soir de jeudi 17 septembre. Le Robusta a, quant à lui, chuté de 1 433 USD à  1 387 USD la tonne à Londres.

Vers la baisse de la consommation du sucre

La consommation mondiale du sucre sera réduite de 2 millions de tonnes (Mt) en 2020 en raison de la pandémie du coronavirus estime le négociant international du sucre Czarnikow, une firme basée à Londres et citée par commodafrica.

Se référant sur les données de la même firme, l’agence Ecofin informe qu’en 2019-2020, la consommation mondiale du sucre devrait se contracter de 1,2 % à 169,9 millions de tonnes.

Cette baisse serait liée à la chute de la consommation hors domicile des produits contenant du sucre. Cela en raison des mesures de confinement liées au coronavirus.

« A cela s’ajoute, le ralentissement des achats de la denrée par les géants mondiaux des boissons et confiseries comme Coca-Cola, Nestlé et PepsiCo du fait de la mauvaise conjoncture économique engendrée par la pandémie. La chute de la demande pendant cette saison devrait encore gonfler un peu plus le surplus de stocks et déprimer des cours déjà en berne. Elle intervient alors que l’industrie sucrière fait face depuis quelques années, à une croissance plus faible de la consommation liée aux taxes sur les boissons sucrées et autres obligations imposées aux industriels de réduire la teneur en sucre des aliments transformés pour lutter contre l’obésité », publie l’agence Ecofin.

Le thé également touché

Dans les publications de l’agence Ecofin du mois, suite à la pandémie de coronavirus, les activités de cueillette de la feuille du thé sont fortement perturbées par les mesures de restriction ou de confinement appliquées chez les fournisseurs.

Le médium donne l’exemple de l’Inde, premier producteur de thé noir. La récolte devrait chuter de 120 000 tonnes en 2020 en raison de l’indisponibilité de la main-d’œuvre pour collecter la feuille de thé dans les champs. Les exportations ont déjà plongé de 34 % en mars dernier du fait de la pénurie des camions qui entrave l’acheminement des stocks vers le centre de vente aux enchères de Kolkata et les autres débouchés d’exportation.

Du côté du Sri Lanka, 3e pays exportateur mondial de thé, fait remarquer toujours l’agence Ecofin, la situation est comparable avec une réduction de près de 50 % des expéditions au mois de février. Se basant sur les données du Conseil International du thé (ITC),  en Chine (premier producteur de thé vert), des cueillettes moins importantes ainsi que des températures plus froides que la normale devraient aussi affecter la production globale.   

Ecofin précise dans les publications du mois d’avril que le Kenya tire son épingle du jeu avec des interruptions minimales dans la collecte du thé depuis le mois de mars. Le pays, premier exportateur de thé noir, devrait même connaître une hausse de 15 % de sa récolte en 2020 d’après l’ITC.

Pour les prévisions de la Banque Mondiale (BM), le prix moyen de vente du thé devrait chuter de 10 % cette année en raison de la faiblesse de la demande mondiale.

Toutefois, le gouvernement kenyan a envisagé de supprimer les ventes directes de thé, processus qui permet d’écouler près de 15 % de la récolte.

La décision faisait suite à une investigation qui a révélé des dysfonctionnements au niveau de l’Agence kenyane de développement du thé (KTDA) qui administre ce mécanisme de vente.

Les autorités soulignaient que l’organisation affichait des comportements prédateurs et offrait des prix faibles et instables aux exploitants, qui menaçaient la viabilité de la production du thé.

Le thé est la principale culture d’exportation du Kenya et sa deuxième source de recettes en devises. Les recettes d’exportation du thé y ont atteint 1,2 milliard USD en 2019.

Le marché de l’or un peu stable

« L’or s’est très bien comporté au premier semestre 2020 », signale le World Gold Council au 14 juillet 2020 dans les perspectives du marché de l’or pour le second semestre 2020.

Ainsi, le prix de l’or en USD a augmenté de 16,8%. A la fin du mois de juin, le prix de l’or de l’après-midi de la LBMA (London Bullion Market Association) s’approchait de 1 770 USD l’once, établissant un nouveau sommet depuis 2012.

Les prix de l’or dans toutes les autres principales devises ont également atteint des niveaux record ou proches des records.

Le cours des terres rares au même titre que celui de l’or

Au mois de février, la Chine, qui détient un quasi-monopole de la production des terres rares et d’aimants permanents, a vu ralentir sa production depuis l’épidémie de coronavirus. Cela a été écrit par l’usinenouvelle. Ce magazine consacré à l’économie et aux technologies dans le monde industriel informe que les surcapacités du pays ont limité l’impact de la crise sanitaire sur la filière.

En 2019, la Chine a produit 77 % des terres rares utilisées dans le monde. La filière a prolongé, par ailleurs, la suspension des congés du Nouvel An chinois en raison de l’épidémie de coronavirus. La chaîne de production a subi à la fois des suspensions d’activité sur les sites de production, des pénuries de main d’œuvre pour cause de quarantaine et des difficultés logistiques pour transporter les hommes et la production, rapporte usinenouvelle.

Au début du mois de février, il a été évalué que 70 à 80 % des capacités de transformation des terres rares ont subi des interruptions. Ce qui représente 80 000 à 100 000 tonnes de capacités. Cela sur une production annuelle de 173 000 tonnes en 2019.

Les produits ci-haut cités sont exploités par le Burundi. Cependant, la BM considère que les produits énergétiques et les métaux sont les plus touchés par l’arrêt brutal de l’activité et les anticipations d’un ralentissement marqué de l’économie mondiale. Les matières premières liées au transport, dont le pétrole notamment, sont celles qui ont dévissé le plus vite.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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