Située dans la commune Rumonge de la province de Burunga, la réserve naturelle forestière de Kigwena constitue l’un des écosystèmes forestiers les plus riches du Burundi. S’étendant sur environ 600 hectares, cette forêt combine biodiversité remarquable, potentiel touristique et défis importants liés à sa conservation.

La réserve naturelle forestière de Kigwena est peu fréquentée, elle accueille moins de quatre visiteurs par mois.
Lors d’une visite effectuée par un reporter de Burundi Eco à la réserve naturelle forestière de Kigwena le 28 janvier 2026, Jackson Nahigombeye, guide touristique de la réserve, a présenté les caractéristiques de cet espace naturel protégé. Cette forêt est divisée en trois zones principales : une partie naturelle, une partie artificielle composée d’arbres plantés par l’homme et une zone de savane faite d’arbustes et de végétation herbacée.
La réserve forestière de Kigwena abrite une biodiversité variée. On y trouve notamment des babouins vivant en cinq groupes d’environ cinquante individus chacun et différentes espèces de singes. Les reptiles y sont également présents, dont des pythons et des mambas verts, sans oublier d’autres espèces locales de serpents. A proximité du lac Tanganyika, il est possible d’observer des crocodiles et des hippopotames. Cette forêt est aussi riche en oiseaux et en insectes, tandis que sa flore compte plus de 300 espèces d’arbres forestiers. Parmi elles figurent les limba, des arbres pouvant atteindre 40 à 50 mètres de hauteur et d’autres espèces qui servent de nourriture pour certains animaux.
Malgré cette richesse écologique, la réserve fait face à des pressions humaines importantes. Entourée des collines Karonda, Cabara et Mayengo, elle subit l’exploitation du bois par les populations riveraines confrontées au manque de bois de chauffage. Cette situation entraîne une surexploitation des ressources forestières sans reboisement suffisant, même si les gestionnaires de la réserve tentent d’assurer la protection de cette réserve.
Une réserve naturelle de moins en moins visitée
Sur le plan touristique, la réserve naturelle forestière de Kigwena reste peu fréquentée. Elle accueille en moyenne trois à quatre visiteurs par mois, généralement des étrangers. « Les visites sont plus nombreuses pendant la saison sèche que durant la saison des pluies. Les Burundais restent encore peu intéressés par le tourisme forestier malgré l’accessibilité du site situé près de la Route nationale n°3 (RN3) », indique M. Nahigombeye.
La gestion de la réserve est également confrontée à un manque de moyens humains et matériels. Seuls quatre agents, dont trois gardes forestiers et un guide, assurent la surveillance et l’accueil des visiteurs sur toute l’étendue de la forêt. L’absence de pisteurs, chargés de suivre les animaux, complique davantage la gestion de cette réserve.
L’entretien des sentiers touristiques demeure insuffisant, les pistes étant dégagées environ une fois tous les deux ans. Ce qui limite la circulation des visiteurs. L’introduction des technologies modernes de surveillance comme les caméras ou les systèmes GPS pourrait améliorer la protection de la forêt. Mais ces équipements font défaut.
Face à ces défis, les responsables de la réserve appellent à un soutien accru, au renforcement des compétences en guidage touristique et en gestion forestière. Ils ont besoin aussi d’une promotion plus active de la réserve de Kigwena afin d’en faire un véritable pôle d’écotourisme au Burundi.




Merci pour ce reportage et j’aimerais savoir:
-les frais pour la visite
-les heures d’ouverture
Merci
c:est bon