Economie

L’incendie du marché central de Bujumbura reste gravé dans les mémoires

Il y a six ans un incendie sans précédent a ravagé le marché central de Bujumbura. La journée du 27 janvier 2013 a marqué les esprits des citoyens. C’est toute une fortune qui est partie en fumée en un laps de temps. Les stigmates de cet incident sont toujours visibles. Burundi Eco retrace les grands moments de cet événement et l’état actuel des choses

Le 27 janvier 2013 a été une journée de malheur. Un grand feu ravagea le marché central de Bujumbura. Les hommes et les femmes qui assistaient impuissamment à l’incendie de leurs biens imploraient les dieux de tous les coins du monde pour arrêter le feu qui calcinait le marché central de Bujumbura. Aux larmes des uns, aux rires des autres qui profitaient de l’occasion pour piller. Les personnes entraient et sortaient du marché, marchandises, cartons, pagnes soit dans la main, soit sur les épaules ou sur la tête. Il était difficile de distinguer les commerçants des pillards. Les motards étaient nombreux à l’entrée du marché faisant le transport des biens.

Six ans après l’incendie, les ruines cauchemardesques sont toujours observables sur l’emplacement de l’ex-marché central. L’activité commerciale a cédé la place à une savane arborée.

L’impossible tâche des sapeurs-pompiers

Le jour de l’événement, tous les camions anti-incendie qui étaient affectés à la Mairie étaient en panne. Le camion anti-incendie qui était garé au marché central de Bujumbura avait été déplacé vers le Bureau Spécial de Recherche (BSR). Ainsi, l’intervention des pompiers a eu lieu vers 8 heures alors que l’incendie s’est déclaré à 6h 30 au quartier 4 dans un stand qui contenait des habits et du matériel électronique (Télévisions et DVD).

La première lance-eau aura eu lieu vers 9 heures. Finalement, la situation échappa à tout contrôle. Les sapeurs-pompiers ne sont pas parvenus à maîtriser le feu. Des colonnes de fumées épaisses étaient visibles à des dizaines de kilomètres de la capitale Bujumbura. Les pompiers, dans l’incapacité totale de contenir le feu, se sont contentés d’éviter la propagation du feu vers les autres bâtiments.

COTEBU : marché provisoire ou définitif ?

Le gouvernement a décidé de construire un marché provisoire au quartier Ngagara II dans un terrain « no man’s land » situé près de l’ex-COTEBU. Les travaux de construction ont connu un retard à cause de l’insuffisance de fonds. Ce qui a alimenté la grogne des anciens occupants du marché central.

Après la catastrophe de janvier 2013, les anciens occupants du marché central sont partis en débandade pour rejoindre les autres marchés excentrés, à savoir : Jabe, Ruvumera et Bujumbura City market. Ce dernier s’est vite rempli de commerçants et le commerce y est devenu florissant. Ils ont démarré à zéro ou presque car la plupart des commerçants avaient des dettes auprès des institutions financières et gardaient les recettes dans le même marché calciné.  Par contre, certains commerçants avaient tout perdu et avaient du mal à garder la tête au-dessus de l’eau. Il a été observé une ruée de commerçants ambulants aux alentours de l’ex-marché central. Le phénomène persiste malgré les efforts de la police nationale d’endiguer cette pratique.

Quel sort réservé à la place de l’ex-marché central ?

Dans le but de revaloriser la place de l’ex-marché central de Bujumbura, le gouvernement a décidé d’y ériger un grand centre commercial. Ce projet remonte à 2014 mais, jusqu’à présent, les résultats ne sont pas palpables. L’appel d’offre international lancé n’a pas reçu d’écho favorable. Finalement, par voie de consultations restreintes, la société chinoise dénommée Jiangxi Jianglian International Engineering a gagné le marché. « Cette société est la seule qui a démontré les capacités techniques et financières en matière de réalisation de grands projets d’infrastructures », a justifié Prosper Ntahorwamiye, secrétaire général et porte-parole du gouvernement en septembre dernier à l’issue du conseil des ministres.

Le taux de souscription à l’assurance stagne

Les assureurs indiquent que le marché de l’assurance-incendie n’est pas satisfaisante au Burundi. Ils espéraient un changement de comportement chez les commerçants après l’incendie du marché central de Bujumbura, mais en vain. Les analystes s’accordent sur le fait que les Burundais n’ont pas la culture d’assurance. Ce qui constitue un handicap majeur au développement du marché des assurances en général et celui de l’assurance-incendie en particulier.

Les commerçants prétextent que les services d’assurances sont onéreux. Apparemment, ils ne lâchent rien. Leur principale préoccupation est de maximiser les profits et de satisfaire leurs besoins vitaux. De plus, pas mal d’entre eux ne sont pas au courant des procédures exigées pour souscrire  une assurance- incendie ou ignorent carrément l’importance de se faire assurer. Par ailleurs, plus le nombre de souscripteurs augmentent, plus les primes chutent. Après l’incendie du marché central de Bujumbura, le gouvernement a mis en place une nouvelle loi nº 1/102 du 7 janvier 2014 portant code des assurances qui a été promulguée en 2014. Cette loi oblige les exploitants des établissements commerciaux et des bâtiments occupés par les administrations ainsi que les administrations personnalisées à faire assurer leurs marchandises et leurs biens. Mais elle n’a pas été suivi d’actes concrets.

Le marché central de Bujumbura a été construit en 1994, sur une superficie d’environ 3 hectares. Le coût de cette infrastructure s’élevait à 1,5 milliards de FBu. Sa gestion a été confiée à la Société de Gestion du Marché Central de Bujumbura (SOGEMAC) pour une durée de 30 ans. Le marché comportait plus ou moins 3 000 stands opérationnels avec près de 7 000 occupants. Ce qui n’a pas permis aux camions anti-incendie de se frayer un passage entre les échoppes collées les unes aux autres. Après le marché central de Bujumbura, d’autres marchés ont subi le même sort. Le dernier cas en date est celui du marché de Matana où trois quarts des biens ont été consumés par le feu, il y a deux semaines. Des mesures de sécurité inappropriées sont souvent citées comme principale cause d’incendies.

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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