Le pied-bot est une malformation innée, qui était jadis considérée comme une infirmité incurable, mais aujourd’hui, un traitement adéquat permet de corriger la déformation et d’éviter définitivement ce handicap et ses lourdes conséquences. Ce qui est dommage, c’est qu’il y a encore au Burundi des enfants qui naissent et grandissent avec des pieds bots alors qu’il y a des centres spécialisés en la matière, qui délivrent un traitement gratuit
Le pied bot est une malformation congénitale, présente à la naissance qui peut atteindre un ou deux pieds. Cette malformation fait que le pied soit tourné en dedans et les orteils pointés vers le bas, rendant ainsi la marche difficile voire impossible. Les causes de cette malformation ne sont toujours pas connues. De toutes les façons, les parents n’y ont aucune part de responsabilité.

Il est préférable que l’enfant soit traité le plus tôt possible. Après 5ans, le traitement est presqu’impossible.
Au Burundi, on compte en moyenne 559 naissances avec pieds bots par an. Plus de 3500 cas ont été recensés dans tous les centres du programme Pied Bot Burundi depuis l’an 2011. Plus de 1700 de ces cas sont maintenant complètement guéris, les autres sont encore sous traitement tandis que d’autres enfants nés avec cette malformation continuent à être enregistrés dans les différents centres de traitement partenaires du programme Pied Bot du Burundi. Contrairement aux méthodes utilisées auparavant qui n’étaient plus efficaces, la méthode Ponseti utilisée aujourd’hui par le programme Pied Bot Burundi dans le traitement de cette malformation est efficace à 100% si le patient suit à la lettre les instructions et les rendez-vous donnés par le personnel soignant et des conseillers parentaux.
Keen Noël Hakizimana est né avec des pieds bots au niveau de ses deux pieds. Ses parents ont entendu à la radio qu’il existe au Burundi des centres pouvant corriger cette malformation et ont décidé de l’amener pour subir un traitement quand il avait seulement trois semaines. Maintenant, ses pieds sont corrigés et semblent normaux, C’est comme si de rien n’était.
En quoi consiste la méthode Ponseti ?
Avant de commencer le traitement d’un pied-bot, la gravité de la déformation est appréciée en utilisant un score dit Score de Pirani qui va de 0 à 6 points. Si le score s’élève jusqu’à 6 points c’est à dire que la malformation est grave pour ce patient et 0 point c’est l’objectif visé. Après le score, on procède au traitement en utilisant la méthode Ponseti.
Le traitement du pied bot en utilisant la méthode Ponseti consiste en une méthode de traitement comprenant deux phases à savoir : la phase de correction et la phase de maintien de la correction obtenue. La phase de correction consiste à appliquer une série de plâtres hebdomadaires pouvant aller jusqu’à 6 et au maximum à 8 plâtres suivie d’une petite incision au niveau du tendon achilliéen appelée la Ténotomie. Après cette petite incision, l’enfant reçoit un autre plâtre qui durera 3 semaines, juste le temps de permettre la cicatrisation au niveau du tendon et au niveau de l’incision.
Après cette phase de correction suit la phase de maintien de la correction obtenu qui consiste en le port de chaussures spécifiques appelées les attelles de Steenbeck. L’enfant porte ces chaussures pendant 23h/24h au cours des 3 premiers mois et après les 3 premiers mois, l’enfant les porte uniquement pendant la nuit et pendant la pause ou le sieste et cela jusqu’à l’âge de 5 ans. Le traitement par la méthode Ponseti vise à rendre le pied bot fonctionnel, stable, avec le minimum possible de douleurs. Il est préférable que l’enfant soit traité le plus tôt possible. Après 5ans, le traitement est presqu’impossible.
Aucun prétexte, chaque service est gratuit à 100%
Des centres de traitements sont ouverts à Bujumbura et dans cinq provinces de l’intérieur du pays pour faciliter l’accès au traitement à tous les nécessiteux: il s’agit entre autres du Centre National d’Appareillage et de Rééducation (CNAR), implanté dans la province de Gitega, de l’Institut Saint Kizito de Bujumbura, du Centre des Handicapés Physiques Saint Bernard de Makamba, du Centre des Handicapés Physiques Saint J.Bosco de Muyinga, de l’hôpital de Mivo à Ngozi et enfin à l’hôpital Rema de Ruyigi.
« Partout dans nos centres, tous les services sont gratuits. Ceux qui ont l’une ou l’autre difficulté pouvant freiner le processus de traitement sont priés de le signaler. Nous essayons de faire de notre mieux pour faciliter la tâche aux parents qui ont des enfants nés avec pieds bots. Notre objectif est qu’il n’y ait plus d’enfants grandissant avec cette malformation », fait savoir Ladislas Butoyi, responsable national du Programme Pied Bot du Burundi.
Signalons que le programme Pied Bot est exécuté au Burundi grâce au partenariat établi entre une ONG internationale chrétienne appelée Hope Walks et le Réseau des Centres des Personnes Handicapées du Burundi; RCPHB.




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