Société

Lutter contre les grossesses dans les écoles, une urgence nationale

L’éducation de la femme pour un développement durable fait l’unanimité des opinions. Au Burundi, la persistance du phénomène des grossesses non désirées dans les établissements scolaires est une réalité. C’est dans cette optique qu’un atelier de sensibilisation a été organisé dans la ville de Bujumbura à l’endroit des jeunes filles écolières

Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en partenariat avec les ministère de la Santé, de l’Education et l’ONG Higherlife Foundation a organisé un atelier de sensibilisation contre les grossesses non désirées chez les jeunes élèves. Sous le thème « Mes études d’abord », les organisateurs ont invité les jeunes filles écolières à cette séance de sensibilisation. Dix écoles étaient représentées dans cet atelier dont le Lycée du Lac Tanganyika,  le Lycée municipal de Buyenzi et Lycée Municipal de Kamenge. Le but de cet atelier est de lutter contre les grossesses non désirées dans les écoles.

L’exposé du D.G chargé de l’enseignement dans les cycles fondamental et post fondamental au ministère de l’Education relève les causes et les conséquences des grossesses non désirées dans les écoles. A part les problèmes liés aux cas socio-économiques, les grossesses font partie intégrante des causes de l’abandon scolaire. Mme Jeanine Ihorimbere s’appuie sur le rapport du ministère de l’Education qui expose l’état des lieux des grossesses des élèves de 2014 à 2019. Cette responsable mentionne également dans son exposé les mesures et les stratégies prises par le ministère de l’Education, de la Formation Techniques et Professionnel pour lutter contre ce genre de pratique.

La persistance du phénomène de grossesses non désirées dans les établissements scolaires est l’un des obstacles au développement durable

Les textes légaux de référence servent de garde-fous dans la prévention des crimes de ce genre. La loi sur la prévention, la protection et la répression des violences basées sur le genre promulguée en 2016, le Code Pénal de 2009 révisé en 2016, le Statut général des fonctionnaires et le règlement scolaire restent des instruments de lutte contre les grossesses des élèves. En marge, le MEFTP a mis en place une commission ayant la réintégration des élèves du fondamental et du post fondamental dans ses attributions. Le personnel chargé de suivre de près et de prévenir les cas de harcèlement sexuel dans les espaces scolaires a été établi dans tous les établissements scolaires du Burundi. Mme Ihorimbere dit qu’aucun développement n’est possible sans l’éducation de la fille.

Les statistiques dévoilent une situation d’urgence

Le MEFTP expose les résultats de son rapport entrepris depuis l’année scolaire 2014-2015. Ce document sur l’état des lieux des grossesses non désirées chez les élèves des cycles  fondamental et Post fondamental fait penser à une situation d’urgence. Depuis l’année scolaire 2014-2015, les effectifs des cas d’abandons scolaires par suite des grossesses non désirées sont alarmants. La courbe  représentant l’évolution du  taux de grossesses non désirées chez les élèves enregistrées baisse de 2015-2016 à 2016-2017 tandis que la tendance tourne vers le haut depuis l’année scolaire 2017-2018 d’après les données provisoires de 2019.

Le phénomène de grossesses non désirées chez les élèves reste l’une des causes de l’interruption de scolarité sinon d’amplification de l’abandon scolaire. De 2010 à 2016, le nombre de grossesses chez les élèves enregistrées  est passé de 877 à 2208, soit une augmentation de 152 % en 6 ans. De 2017 à 2019, le nombre de grossesses chez les jeunes élèves varie encore une fois avec une tendance montante et passe de 1518 à 1792. On constate que les provinces Cankuzo, Kirundo, Bujumbura-Mairie, Muyinga, Rumonge et Ruyigi enregistrent les taux les plus élevés au fondamental depuis 2017.

Ces chiffres témoignent les difficultés rencontrées dans la lutte contre les grossesses chez les élèves. Malgré les efforts consentis au niveau national, la tendance suit une courbe montante. La remarque du Dr Ananie Ndacayisaba, Directeur Adjoint chargé des services techniques au Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR), un des orateurs du jour résume tout : «Quand les filles sont instruites, en bonne santé et peuvent éviter le mariage précoce, les grossesses non souhaitées et le VIH, elles peuvent contribuer pleinement aux combats menés par leurs sociétés contre la pauvreté ».

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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