Société

Le manque de subsides expose les étudiantes à toutes sortes d’abus

Le problème de logement pour les étudiantes de l’Université du Burundi suite à l’inaccessibilité des chambres dans les campus et l’extrême pauvreté due au retard du prêt-bourse les exposent davantage à toutes sortes de violences. Dr Janvière Ndirahisha les exhorte à penser déjà à la création de leurs propres emplois et surtout à se focaliser sur leur avenir malgré ces conditions incommodes

Les poillissimes féminins sont exposées à toutes sortes de dangers et violences plus que leurs pairs masculins. La plupart d’entre elles proviennent des familles pauvres de l’intérieur du pays et pour la plupart d’entre elles, venir s’inscrire à l’Université du Burundi fut leur premier séjour à Bujumbura. Donc c’est toute une nouvelle aventure dans une ville où elles n’ont aucune référence.

N’ayant pas accès aux chambres dans les campus, surtout pour les étudiants des premières années, chacun doit se débrouiller en ce qui est du logement. Elles mènent souvent ce combat les poches vides, car le prêt-bourse ne leur parvient que trop tard.

Yvette Ndayikunda, représentante des universitaires dans un atelier d’échange avec les universitaires organisés par le Forum National des Femmes en partenariat avec UNFPA: « Les étudiantes sont exposées à toutes sortes de dangers et violences plus que leurs pairs masculins ».

Des homes qui ne rassurent pas

Certaines étudiantes n’ont aucune référence familiale à Bujumbura. Pour cette catégorie, il n’y a pas d’autres choix que celui de louer une chambrette à deux ou plus. La prise en charge dans ces chambrettes revient à leurs familles.

Là aussi, les conditions de vie ne sont pas non plus aisées. Comme l’explique Yvette Ndayikunda, représentante des universitaires dans un atelier d’échange avec les universitaires organisés par le Forum National des Femmes en partenariat avec UNFPA, la différence entre les classes sociales des coo-locateurs ne favorise pas les plus démunis. Gare à celle qui vient d’une famille incapable de la prendre en charge. « C’est très rare voire impossible que les coo-locateurs acceptent de supporter leur amie jusqu’à ce qu’elle perçoive son prêt-bourse qui n’est plus ponctuel. Si la vie s’avère insupportables, certaines préfèrent abandonner les études et retourner chez elles », indique Yvette Ndayikunda, étudiante en Bac II dans la faculté des Sciences, département des Mathématiques à l’Université du Burundi.

Exposées à l’exploitation et aux violences de toutes sortes

Une autre partie des étudiantes vivent dans les familles d’accueil. Cette catégorie d’étudiantes est exposée aux violences de toutes sortes. Certaines familles en accueillant les étudiants dans leurs ménages ne se rendent pas compte des responsabilités qu’ils acceptent et quand la situation devient dure, elles y renoncent.  « Dans les premiers jours, puisque tu as au moins amené le minimum qu’il te faut de chez tes parents, tu n’as aucun problème avec cette famille d’accueil. Mais, lorsque tu n’as plus rien, c’est à ce moment-là que commencent les problèmes », déplore Mlle Ndayikunda.

Les étudiantes vivant dans les familles d’accueil sont parfois prises pour des bonnes. Imaginez une étudiante en Sciences qui a des cours avant et après-midi, et des travaux ménagers qui l’attendent dans la famille d’accueil. Pour d’autres, les familles d’accueil habitent à de longues distances des auditoires.

Exposées aux violences sexuelles

Certaines étudiantes sont harcelées sexuellement dans les familles d’accueil par leurs tuteurs. Les moins prudentes se livrent à la débauche pour pouvoir survivre, s’exposant ainsi aux grossesses non désirées et à l’abandon des études qui s’en suit.

Les filles de l’Université du Burundi, surtout celles de la faculté des Sciences, constituent actuellement une composante en voie de disparition, Dr Janvière Ndirahisha avait proposé que ces filles aient accès aux chambres dans les campus de l’Université du Burundi afin de leur permettre de réviser les cours dans un endroit favorable à l’apprentissage. Malheureusement, comme le fait savoir ces étudiantes, cette mesure n’est plus en vigueur.

Selon ces étudiantes, elles ont écrit pas mal de correspondances pour réclamer leurs droits, mais sans succès. On leur dit toujours de patienter et qu’on est en train de chercher une solution à ce problème.

Dans cet atelier organisé vendredi 23 avril 2021, Dr Janvière Ndirahisha a fait savoir que les conditions de vie influencent énormément la performance des étudiantes. Elle a exhorté ces étudiantes à ne pas se laisser influencer par la pauvreté, de faire face à cette situation tout en préservant leur dignité. Elle les a exhortés à penser déjà à la création de leurs propres emplois et surtout à se focaliser sur les études malgré cette situation incommode.

A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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