Développement

Le numérique : un pilier central dans la transformation de l’économie

Le Burundi détient le plus grand réseau dense de fibre optique dans la région qui n’arrive pas malheureusement au dernier kilomètre. La couverture téléphonique se heurte au manque de terminaux (ordinateurs, smartphones…), à la lenteur de l’Internet, surtout que 66% de la connexion se font en 2G… Face à plusieurs défis, la Banque Mondiale (BM) veut accélérer la technologie pour que tout le monde ait accès au numérique d’ici 2030

Cela ressort de la présentation du rapport sur l’économie numérique au Burundi de ce mardi 25 mai 2021. Pour Véronique Kabongo représentante résidente de la Banque Mondiale au Burundi, l’économie numérique va accélérer le développement économique du Burundi.

« Sur base de la volonté du gouvernement, nous allons investir dans un projet important pour développer le numérique dans le pays », déclare Mme Véronique Kabongo.

Des opportunités, mais aussi de grands défis

Selon ce rapport sur l’économie numérique, le pays a le grand réseau le plus dense de fibre optique dans la région. Pourtant, celui-ci n’accède pas au dernier kilomètre. Ce qui empêche de nombreux utilisateurs d’accéder à ce service. Ceux-ci ne disposent pas de terminaux comme les smartphones, les ordinateurs, …

Comme l’écosystème numérique du Burundi est jeune, signale le rapport, il y a un manque de données en rapport avec l’économie numérique. Et de poursuivre : «L’économie numérique burundaise manque de coordination entre les parties prenantes et certaines réglementations clés». Ce qui en fait un écosystème peu propice à l’adoption du numérique et à l’innovation du secteur privé à plus grande échelle.

Par ailleurs, il n’existe pas encore de feuille de route concrète pour le secteur.

Le Burundi a le plus grand réseau dense de fibre optique dans la région, une opportunité qui n’arrive pas au dernier kilomètre.

Le rapport stipule que la couverture du réseau mobile et l’adoption du haut débit mobile sont caractérisées par une fracture numérique entre le milieu urbain et le milieu rural.

Les lacunes considérables qui empêchent l’accès pour de nombreux utilisateurs, au niveau du dernier maillon de la chaîne d’approvisionnement, sont selon toujours le rapport, le coût et l’accès aux terminaux.

« L’Internet est lent, 66% des connexions se faisant en 2G. Les utilisateurs font face à une contrainte budgétaire forte. Cela au moment où le coût d’un Go de data représentait 13,6% du revenu mensuel par habitant en 2019 », déplore le rapport.

Un ensemble de problèmes réglementaires entravent le développement d’un marché des télécommunications plus compétitif. L’utilisation des passerelles privées a eu un impact négatif sur le marché des appels et des données.

Pour ce rapport, l’enseignement des compétences numériques fondamentales est officiellement obligatoire au niveau du collège et du lycée. Toutefois, peu d’écoles sont en mesure de dispenser efficacement ces formations. Actuellement, aucun système de collecte de données n’est en place pour mesurer la disponibilité et la qualité de la formation aux compétences numériques.

En 2015, le pays présentait des résultats figurant parmi les meilleurs en mathématiques en Afrique de l’Ouest et Centrale. « Cependant, le faible accès à l’électricité et à l’Internet dans les écoles, ainsi que les difficultés à trouver des enseignants formés ont atténué les bénéfices de ces résultats pour la mise en place d’une base critique de compétences numériques pour les nouvelles générations », s’inquiète le rapport sur l’économie numérique au Burundi.

L’utilisation des plateformes numériques dans le secteur privé reste très faible et tourne principalement autour des solutions de paiement numérique de base, avec peu de succès auprès des micro, petites et moyennes entreprises.

Alors que les niveaux d’inclusion financière du Burundi sont parmi les plus bas d’Afrique subsaharienne, les services financiers numériques ont connu une certaine évolution récemment, en raison d’une expansion des services d’argent mobile et d’une amélioration de la réglementation pour les prestataires de services de paiement numérique. Néanmoins, si le marché compte plusieurs opérateurs, les produits proposés ne correspondent pas forcément aux besoins des clients à faibles revenus.

Le secteur de l’entrepreneuriat numérique reste embryonnaire, entravé par un faible appui à l’écosystème et des difficultés d’accès aux financements pour les jeunes entrepreneurs. La connectivité de faible qualité et coûteuse constitue également un obstacle majeur au développement d’entreprises numériques.

Les entrepreneurs aspirants se retrouvent ainsi à rechercher le soutien des bailleurs internationaux ou finissent par rapidement disparaître sur marché. Il n’y a pratiquement pas de stratégies, de programmes ou de réglementations dédiées au secteur privé pour l’accompagnement de la transformation numérique.

Trois zooms sectoriels sur la relation genre et TIC, l’application des technologies au secteur agricole (AgTech), et les opportunités d’intégration régionale dans un marché numérique unique (Single Digital Market) en Afrique de l’Est sont présentées par le rapport comme des opportunités à développer pour le développement inclusif de l’économie numérique et la maximisation du potentiel de croissance du secteur.   

Dans le PND 2018-2027, la technologie numérique est décrite comme un catalyseur fondamental qui contribue à la croissance, principalement en développant le capital humain, l’innovation et les gains de productivité.

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A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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