Ce mercredi 04 décembre 2019 a eu lieu dans la province Kayanza le lancement officiel du Projet d’Intensification de la Production Agricole et de Réduction de la Vulnérabilité au Burundi (PIPARV-B) par le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage Déo Guide Rurema et Mme Aïssa Touré, représentante du FIDA au Burundi
« L’objectif global du projet est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de résilience des populations rurales par une approche de gestion intégrée des terroirs grâce à une utilisation optimale des ressources naturelles adaptées à une pression démographique croissante », a indiqué Mme Aïssa Touré, représentante du FIDA au Burundi dans son discours de circonstance. Le PIPARV-B est financé par le FIDA en cofinancement avec l’OFID et le PAM à hauteur de 65.256.000 USD pour une durée de 6 ans, et est le 13ème projet financé par le FIDA depuis 1980. Selon Mme Touré, le PIPARV-B touchera environ 140.000 ménages de vingt communes localisées dans cinq provinces qui sont : Ngozi, Kayanza, Karusi, Gitega et Muyinga.

Mme Aïssa Touré, représentante du FIDA au Burundi : « Ce projet traduit encore une fois l’indéfectible engagement du FIDA dans la transformation de l’agriculture au Burundi »
Le PIPARV-B, un projet qui vient à point nommé
L’agriculture et l’élevage d’une façon générale jouent un rôle capital dans toute la stratégie de la réduction de la pauvreté. 90 % de la population burundaise et 97 % des pauvres vivent et travaillent dans le monde rural. Même si l’intervention de l’agriculture et de l’élevage dans l’activité économique nationale a diminué, le secteur contribue encore pour 44% au produit intérieur brut (PIB) et 95 % des recettes d’exportation du Burundi en sont issues. Du fait de la faible implication des opérateurs privés, le monde rural n’a guère accès aux ressources complémentaires qui seraient indispensables à sa modernisation, le mouvement coopératif embryonnaire et le problème de coordination limitent les interventions dans le secteur.
Selon Vianney Ndikumana, conseiller principal du gouverneur de Kayanza, sa province se compte parmi les provinces les plus densément peuplées avec une densité qui dépasse 750 hab/ km² si on considère les données collectées par les bureaux de l’Etat-civil sur une superficie de 1223 km² ; d’où la nécessité de grandes interventions, car plus il y a beaucoup de populations, plus le niveau de vulnérabilité s’accentue suite au manque de terres cultivables. « Nous sommes à la fois des acteurs, mais aussi des détenteurs de réponses à la bonne conduite du projet afin d’arriver aux résultats escomptés. Il faut donc garder notre engagement, notre réalisme, notre ouverture d’esprit, notre patriotisme, notre force en vue de transformer utilement la société par des projets visant le bien-être de la population que nous sommes appelés à servir », a-t-il précisé.

Après le lancement, Mme Aïssa Touré accompagnée par le ministre Déo Guide Rurema et différentes personnalités ont effectué une visite de terrain dans les sites des communes Gatara et Matongo pour voir l’état de certaines cultures encadrées par le FIDA
Cibler les populations vulnérables, le crédo du gouvernement du Burundi et du FIDA dans l’exécution du PIPARV-B
Le PIPARV-B a été conçu dans le prolongement des autres interventions sur le financement du FIDA et va partir de la gestion des terroirs en ciblant les populations les plus vulnérables et ceci est le crédo du gouvernement et du FIDA. « On va mettre en avant les ménages qui ont peu ou pas accès aux facteurs de production. Le PIPARV-B élargira la gamme des interventions dans les provinces où il y a eu pas ou peu d’interventions du FIDA ou d’autres bailleurs. Ce qui permet d’avoir un maillage beaucoup plus important et de toucher les gens qui n’ont pas pu avoir accès au financement », a indiqué Mme Touré.
Le PIPARV-B va spécifiquement appuyer les populations rurales sans terres ou disposant de très petites exploitations et sans animaux d’élevage avec un accent particulier sur les jeunes, les femmes et la communauté autochtone Batwa. « Ce projet traduit encore une fois l’indéfectible engagement du FIDA dans la transformation de l’agriculture au Burundi. Nous avons accompagné le pays pendant plus de 20 ans et les interventions au fil des années ont pu être sophistiquées et abouti à des résultats palpables », a affirmé Mme Touré, la représentante du FIDA.
Déo Guide Rurema, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a indiqué que la stabilité alimentaire atteinte jusqu’aujourd’hui est le résultat de la conjugaison des efforts, de la synergie et de la complémentarité entre son ministère, la population, l’administration et les partenaires techniques et financiers. « Nous saisissons cette occasion pour remercier plus particulièrement le FIDA qui n’a cessé de soutenir le peuple Burundais et saluons l’engagement du FIDA à soutenir le Gouvernement avec son partenariat consolidé dans le financement de ce nouveau projet PIPARV-B, en l’occurrence le PAM et l’OFID. Le projet vient appuyer le Gouvernement dans ses efforts d’augmenter davantage la production agricole et d’améliorer les moyens de résilience et d’existence des petits producteurs de la zone du projet », a-t-il affirmé.

Déo Guide Rurema, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage : «Le projet vient appuyer le Gouvernement dans ses efforts d’augmenter davantage la production agricole et d’améliorer les moyens de résilience et d’existence des petits producteurs de la zone du projet »
Pour une meilleure coordination et appropriation des acquis, le ministre a invité les responsables impliqués dans la mise en œuvre de ce projet à mettre en avant la participation active des bénéficiaires dans l’exécution des travaux, la synergie et la collaboration avec l’administration et les services techniques de son ministère. Il a également indiqué que le projet a été conçu sur base de concertations avec la population. C’est un projet pour les agriculteurs et cela constitue un atout pour la réussite du projet.
Visite de terrain pour voir les réalisations des projets financés par le FIDA
Après le lancement, Mme Aïssa Touré accompagnée par le ministre Déo Guide Rurema et différentes personnalités ont effectué une visite de terrain dans les sites des communes Gatara et Matongo pour voir l’état de certaines cultures encadrées par le FIDA où les agriculteurs réunis en coopératives ont opté pour l’intensification du maïs hybride pour augmenter la production. Les agriculteurs se réjouissent de cette approche, car ils ont pu doubler voire même tripler leur production. « Avant les projets d’intensification de la culture du maïs hybride, je parvenais à peine à économiser les semences et la récolte servait juste à l’autoconsommation. Maintenant avec le projet financé par le FIDA, nous nous sommes mis ensemble avec les autres agriculteurs et constituer une coopérative et la production est plus satisfaisante », a témoigné Geneviève Icoyitungiye, agricultrice de la commune Gatara.
Sur le site de Muruta, Mme Aïssa Touré et toute la délégation ont pu admirer la technique appliquée qui a permis la récupération des espaces cultivables, car là où il était impossible de cultiver et planter, les cultures y poussent normalement.
« Nous sommes satisfaits des réalisations des projets financés par le FIDA et souhaitons que ce nouveau projet soit exécuté à la satisfaction du pays en général et des bénéficiaires en particulier, surtout en suivant l’exemple des approches réussies entre autres l’intensification du maïs hybride, du riz… pour une augmentation de la production agricole », a conclu M. Rurema.
Le PIPARV-B produira entre autres effets à la diversification de la production des petits producteurs, la réduction de la malnutrition chronique, le reboisement, l’amélioration de la fertilité mais aussi la formation professionnelle des jeunes ruraux.




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