Les activités de lancement officiel du Plan National de Développement du Burundi (PND Burundi 2018-2027) ont eu lieu mercredi le 22 août 2018 au chef-lieu de la province Gitega. Burundi Eco se focalise sur ses grands domaines d’intervention et son objectif global

Pierre Nkurunziza, Président de la République du Burundi lors du lancement officiel du PND Burundi 2018-2027
Les grands domaines d’intervention du plan sont entre autres l’agriculture et l’élevage, l’industrie et les infrastructures commerciales, la recherche scientifique et l’éducation, l’environnement et le changement climatique, indique Pierre Nkurunziza, Président de la République du Burundi. Ce sont aussi la sécurité, la souveraineté nationale et la bonne gouvernance, la collecte des capitaux par le biais des investisseurs, la lutte contre la corruption et les malversations économiques ainsi que la coopération et la diplomatie.
Le PND Burundi 2018-2027 constitue un outil d’orientation stratégique sur base duquel les secteurs devront construire leurs politiques et plans d’actions pour contribuer positivement à l’augmentation du produit intérieur brut (PIB). Ce plan se veut être le fondement d’une croissance forte et inclusive dès l’année 2018 afin de permettre au Burundi d’atteindre, à l’horizon 2027 le niveau des pays émergents. La mise en œuvre de ce PND permettra de capitaliser les acquis de la démocratie, de la gouvernance, accroître la production agricole, de construire des infrastructures de base et de développer le tissu industriel en privilégiant une approche de Partenariat Public Privé (PPP) et plus généralement le développement du secteur privé.
Objectif global
Pour concrétiser sa vision, le plan national de développement se fixe comme objectif global de « Transformer structurellement l’économie burundaise, pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive, créatrice d’emplois décents pour tous et induisant l’amélioration du bien-être social». Cette transformation structurelle de l’économie burundaise vise à améliorer les caractéristiques de l’économie burundaise actuellement dominée par le secteur agricole moins structuré et marqué par une faible productivité, avec un secteur secondaire qui demeure embryonnaire et un secteur tertiaire caractérisé par une prépondérance des activités dominées par la téléphonie, le commerce et le transport. Leurs contributions sectorielles au PIB restent relativement faibles et représentent respectivement 39,6%, 15% et 40%.
L’évolution de la structure de l’économie burundaise montre qu’elle n’est pas restée rigide. Une baisse progressive du poids du secteur agricole dans le PIB s’observe depuis 2007 au profit du secteur tertiaire qui prend de plus en plus de poids (plus de 40% du PIB).
Problématique de la transformation structurelle de l’économie du Burundi
Le PND Burundi 2018-2027 précise que le processus de transformation de l’économie du Burundi reste confronté à plusieurs faiblesses et contraintes structurelles.
Les faiblesses relevées sont notamment le potentiel de production inexploité, la faible diversification de la structure productive, la faiblesse des taux d’investissement public et privé et l’intégration insuffisante des secteurs agricole et industriel avec pour corollaire l’absence d’articulation entre zone rurale et zone urbaine.
On ajoute la faible productivité de l’agriculture largement dominée par des technologies traditionnelles, l’insuffisance des infrastructures économiques, le double déficit structurel des finances publiques et de la balance des paiements, les déséquilibres du marché du travail dominé par l’emploi informel et un sous-emploi prépondérant, la persistance de la pauvreté et des inégalités socio-économiques et le faible développement du secteur privé avec une prééminence du secteur informel. En outre, les contraintes majeures à la transformation structurelle de l’économie du Burundi sont la faible productivité agricole, la grande vulnérabilité aux chocs externes, le déficit en énergie électrique, la démographie galopante, la gestion de l’espace, le déficit des infrastructures de transport, la faiblesse du capital humain et le déficit en infrastructures des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).
Sa valeur ajoutée est questionnable.
Faustin Ndikumana, président de PARCEM fait remarquer que le PND Burundi 2018-2027 a été mis en place alors qu’il y a d’autres projets qui n’ont pas encore été clôturés. Ce sont entre autres, le Cadre Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté ( CSLPII) et la Vision 2025. Par contre, lors de l’élaboration de ce plan, on est revenu sur ses certains points comme la croissance de l’économie à un taux de plus de 10%. De surcroît, l’augmentation du PIB devrait atteindre 700 USD par habitant. Malheureusement, on est à moins de 300 USD par habitant. Le seuil de pauvreté devrait aussi être réduit de 30%. Ce qui n’a pas été réalisé. Et Ndikumana de se demander la valeur ajoutée du PND Burundi 2018-2027.
Signalons qu’il se demande d’où est- ce qu’on on va tirer les 20 000 milliards de FBu nécessaire pour l’exécution du PND Burundi 2018-2027 du fait qu’on n’a même pas pu collecter tout le budget nécessaire pour la réalisation du CSLPII.




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