Le Projet de Productivité et de Développement de Marchés Agricoles (PRODEMA) clôture ses activités au 31 janvier 2020. Les productions au niveau de toutes les filières sont satisfaisantes et les coopératives bénéficiaires se réjouissent des interventions du PRODEMA. Toutefois, certaines d’entre elles sont toujours en attente d’équipements et demandent à qui de droit et surtout au gouvernement d’intercéder en leur faveur. Il est à noter que les signatures des contrats de fourniture desdits équipements ont eu lieu entre les coopératives bénéficiaires et l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA)
Le Projet de Productivité et de Développement des Marchés Agricoles (PRODEMA) est un projet de développement initié et exécuté depuis le 7 avril 2017 par le Gouvernement de la République du Burundi en partenariat avec l’Association Internationale pour le Développement (AID/IDA). Il était chargé d’appuyer la stratégie et les activités du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) ainsi que tout récemment, le Plan National de Développement du Burundi 2018-2027 (PND Burundi) en vue de contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois en milieu rural.
Le PRODEMA a été financé par un don d’investissement d’un montant de 43 millions USD octroyé par l’IDA équivalent à vingt-huit millions cent mille de Droits de Tirage Spéciaux (28 100 000 DTS) et des contributions supplémentaires de la part des bénéficiaires d’environ 2,14 millions USD. Le Projet a été initialement mis en œuvre pour une période de cinq ans, la date de clôture des activités était prévue au 30 avril 2016.
PRODEMA-Fonds Additionnels (FA) était un projet du Gouvernement d’une durée de 3 ans financé par la Banque Mondiale (BM) pour un montant de 25 millions USD. Sa mise en œuvre a commencé le 7 avril 2017 pour se clôturer au 31 janvier 2020.
Le PRODEMA-FA a donc consolidé et intensifié les activités réalisées dans le cadre du projet PRODEMA initial. Il a aidé les petits agriculteurs à conserver leurs actifs par le maintien et l’expansion des investissements réalisés dans le cadre du PRODEMA initial. Le PRODEMA visait l’amélioration de la sécurité alimentaire, par l’augmentation de la production et l’amélioration de l’accès au marché des produits agricoles et d’élevage importants pour la consommation domestique.
Le PRODEMA cible la productivité des petits producteurs et l’accès au marché pour les chaînes de valeur
L’objectif global du PRODEMA était d’améliorer la productivité de petits producteurs et leur accès au marché pour les chaînes de valeur (filières) ciblées dans la zone du projet. Les indicateurs clés pour la mesure de l’atteinte de cet objectif ont été le rendement moyen des chaînes de valeur ciblées (tonnes/ha ou litres/lactation/vache) et le pourcentage du volume de production mis au marché par les bénéficiaires du projet.

Dismas Nsengiyumva, chargé du suivi-évaluation et de la communication au sein du PRODEMA : « Le PRODEMA est préoccupé par l’arrivée tardive des équipements. Un rapport sera transmis au ministère ayant l’agriculture dans ses attributions afin qu’il prenne le dossier en main »
Pour atteindre cet objectif, le PRODEMA devait appuyer le transfert des technologies améliorées dans les chaînes de valeur ciblées et la réhabilitation des infrastructures d’irrigation pour augmenter la productivité. Il devait également renforcer les capacités des producteurs et de leurs partenaires pour les connecter au marché à travers l’amélioration des infrastructures post- récolte, la diffusion des informations sur les marchés et la réhabilitation des pistes d’accès. Les chaînes de valeur sélectionnées ont été celles pour lesquelles des marchés existent et ayant un potentiel de gain de productivité important à travers l’adoption de nouvelles technologies.
Le projet a été articulé autour de 3 composantes : la composante A, concernait l’appui à la productivité agricole et à l’accès aux marchés, la composante B a consisté au développement de l’irrigation et à la réhabilitation des pistes de desserte tandis que la composante C était en rapport avec la gestion et la coordination des activités du projet.
Les bénéficiaires et l’administration admirent les interventions du PRODEMA
Les bénéficiaires et les responsables administratifs apprécient positivement les interventions du PRODEMA.
En effet, pour ce qui est de la mise en œuvre des sous – projets sur les deux phases du PRODEMA (phase initiale et phase additionnelle), 2762 sous- projets et autres ont été réalisés.
Aussi, les sous- projets productifs réalisés dans la phase initiale ont été au nombre de 2179 et ceux réalisés dans la phase additionnelle au nombre de 174, soit un total de 2353.
Les sous- projets post- récolte réalisés dans la phase initiale sont évalués à 25 tandis que pour la phase additionnelle ils le sont à 47, soit un total de 72.
D’autres réalisations sont estimées à 260 pour la phase initiale et 77 pour la phase additionnelle, soit un total de 337.
Pour la filière riz, 6 marais totalisant une superficie irrigable de 936 ha ont été aménagés au cours de la phase additionnelle et des pistes d’accès à ces marais totalisant une longueur de 86, 65 km ont été réhabilitées. Ces aménagements s’ajoutent à ceux de la phase initiale totalisant 1203 ha de superficie irrigable et 43 km de pistes de desserte. De plus, pour mettre en valeur ces marais, 51 Organisations Communautaires de Base(OCBs) rizicoles ont été appuyées en intrants agricoles dans les huit (8) marais. De même, huit (8) hangars de conservation du riz et des équipements de transformation ont été construits.
Au niveau de la filière lait, en plus des vaches introduites pendant la phase initiale (7 521 femelles et 609 mâles), près de 600 vaches sont en cours d’importation de l’Ouganda. Ce retard a été dû à la mesure de suspension des importations par la Banque Mondiale depuis avril 2018 jusqu’en août 2019 suite à l’apparition de l’épizootie caprine. Cinq (5) centres de collecte de lait ont été construits et équipés, 3 points d’achat et deux (2) points de vente de lait ont été construits et équipés, les bénéficiaires sont en cours de formation pour le marketing, la commercialisation et la contractualisation. La mini laiterie de Matana sera équipée pour la pasteurisation du lait.
Concernant la filière fruits et légumes, trente-six (36) Organisations des Producteurs (OPs) ont été appuyées en intrants agricoles, trois (3) unités de transformation et de production de jus de maracuja, de jus d’ananas et de jus de tamarillo ont été construites et équipées respectivement à Bugarama (Muramvya), Cankuzo et Nyagasasa (Mugamba-Bururi), cinq (5) centres de collecte et des séchoirs de fruits et des légumes ont été construits et équipés.
Quant à la filière banane, treize (13) pépinières de production vitro plants de bananiers ont été construites et les équipements sont en cours d’installation. Deux (2) unités de transformation de bananes ont été construites à Bubanza et Muyinga. Les équipements sont en cours d’importation par l’IITA qui assure l’assistance technique des coopératives.
Pour la filière manioc, le PRODEMA a fait un encadrement de proximité aux différentes coopératives bénéficiaires dans la production. Il leur a accordé des intrants sous formes de sous- projets, construit et équipé les Unités de Transformation Standard et Spécialisées du manioc, construit les centres de collecte du manioc. La farine de manioc, une fois produite, sera désormais compétitive sur le marché de la sous-région.
En plus des multiples interventions, le PRODEMA a également apporté un appui important à la communauté Batwa, l’une des trois (3) composantes ethniques du Burundi, pour laquelle 297 maisons améliorées couvertes de tôles ont été construites.
L’arrivée tardive des équipements, une préoccupation des coopératives bénéficiaires
Après une descente effectuée du 10 juin au 15 juin 2019 pour voir l’état d’avancement de l’exécution du projet dans sa phase additionnelle, Dismas Nsengiyumva, chargé du suivi-évaluation et de la communication au PRODEMA a fait remarquer que la construction des infrastructures était en train d’être finalisée. Chose promise, chose due actuellement, la construction des infrastructures est déjà terminée.
Ainsi, le taux d’exécution est évalué de 80 à 90 % que ce soit pour la filière riz et les constructions pour la multiplication de la banane.
« Ce qui reste préoccupant c’est l’arrivée tardive des équipements de transformation qui étaient attendus depuis fin juillet 2019 par les bénéficiaires du PRODEMA », explique M.Nsengiyumva
Cependant, certains équipements sont déjà arrivés et d’autres sont en cours de route. Les bénéficiaires des filières manioc et banane sont surtout eux qui éprouvent le plus de difficultés dans l’obtention de ces équipements. Et pour cause, l’IITA qui a signé des contrats de fourniture de ces équipements de transformation aux coopératives n’a pas encore honoré ses engagements et les délais sont largement dépassés.
Au sujet de cette préoccupation, M. Nsengiyumva indique qu’un rapport sera prochainement transmis au Ministère ayant l’agriculture dans ses attributions pour qu’il prenne le dossier en main.
Promesse tenue à la filière fruit (prunes du japon et ananas) et lait
Les filières lait et fruit illustrent bien les réussites du PRODEMA puisque même les équipements sont déjà arrivés, il ne reste que leur exploitation.

Jean Paul Gasiga président de la coopérative « Twijukire uburimyi bwa kijambere » en même temps chef de zone Nyagasasa : « PRODEMA n’a ménagé aucun effort pour nous soutenir. Grâce au PRODEMA, nous avons bénéficié des formations, des intrants agricoles, des plants de prunes du Japon, des pesticides, des infrastructures…. Nous venons d’acquérir très récemment des équipements pour transformer nos produits »
Jean Paul Gasiga président de la coopérative « Twijukire uburimyi bwa kijambere » en même temps Chef de zone Nyagasasa n’y va pas par quatre chemins, il témoigne que le PRODEMA a été de leur côté depuis l’idée d’initier le projet jusqu’au moment où leurs plantations tendent à donner les fruits.
Cette coopérative de la colline Nyakigano, zone Nyagasasa, commune Mugamba, province Bururi, s’occupe de la production, la transformation et la commercialisation des prunes du Japon. Elle compte 116 membres dont 58 hommes et 58 femmes.
« Le PRODEMA n’a ménagé aucun effort pour nous soutenir et grâce à lui, nous avons bénéficié des formations, intrants agricoles, plants de pruniers du Japon, pesticides, infrastructures…. Bien plus, nous venons d’acquérir très récemment des équipements pour transformer nos produits », précise M.Gasiga. Dans l’optique de pérenniser le projet, la coopérative a même sur son compte un montant de 5 millions de BIF. Il a précisé qu’ils comptent commencer à produire le jus très bientôt. Celui-ci sera commercialisé dans le pays et dans la sous-région, ce qui contribuera au développement du pays via le paiement d’impôts et taxes ».
Gaspard Bangerezako, vice-président de l’association «Garukira isi ndimwa», une des cinq associations de la coopérative affirme que la culture des prunes du Japon est très rentable. « Par exemple, la coopérative dispose de 12 000 plants de pruniers du Japon emblavés sur 6 ha. Un plant pourra fournir 4 kg de prunes par récolte, produira deux fois le mois et les prunes sont en principe récoltées tous les six mois sans alternance, si bien que la récolte est faite 12 fois sur une période de six mois. En définitive, la récolte pourra osciller autour de 576 000 kg (576 tonnes) de prunes pour les 12 000 plants sur une période de six mois. Alors comme 1 kg de prunes du Japon s’achète à 2 000 BIF, la coopérative pourra encaisser, sur une période de 6 mois, une somme de 1 152 000 000 BIF », indique M.Bangerezako.
Il rappelle que les pruniers du Japon sont remplacés par de jeunes plants après trois ans.
La filière ananas affiche de bons résultats
« Les équipements pour transformer les ananas sont déjà disponibles et c’est grâce au PRODEMA que nous avons franchi pas mal d’étapes jusqu’à arriver à l’étape de la transformation du jus d’ananas », fait remarquer Josélyne Nsavyimana, trésorière de la coopérative « Duhingure umwimbu ». Une coopérative basée sur la colline, zone, Commune et province Cankuzo. La coopérative est constituée de cinq associations et elle est composée de 126 membres dont 57 femmes et 69 hommes.
La trésorière explique que la majorité des membres de la coopérative est au chômage c’est pourquoi la transformation des ananas en jus permettra de créer des emplois non seulement pour les membres de la coopérative, mais aussi pour la communauté toute entière. Mme Nsavyimana signale que le jus d’ananas sera commercialisé au pays et dans les pays limitrophes comme la Tanzanie. Ce qui permettra l’entrée des recettes dans les caisses de la communauté comme les impôts et taxes ainsi que l’entrée des devises dans le pays.
Seulement bien que la machine n’ait pas encore commencé à jouer pleinement son rôle, elle est confiante puisque la coopérative dispose plus de 5 ha d’ananas et une somme d’argent sur le compte, ce qui lui permettra de pérenniser le projet même à la clôture des activités du PRODEMA.
Précisons que l’équipement offert à la coopérative aura une capacité de produiction d’environ 300 litres de jus d’ananas par jour, d’après toujours, Mme Nsavyimana
Les maracujas ne sont pas oubliés
La coopérative « Turwanire ubuzima » de la colline Mpehe, zone Bugarama, commune Bugarama, province Muramvya illustre bien l’intervention des activités du PRODEMA dans la filière. « Turwanire ubuzima » est composée de 225 membres dont 81 femmes et 144 hommes.
Pour Sébastien Ndagijimana, président de cette coopérative, rien à reprocher à ce que PRODEMA a fait pour la coopérative. «Pour le moment, nous avons bénéficié des équipements pour la transformation du jus de maracuja. Seulement, les équipements restent non fonctionnels suite au problème lié au manque de courant électrique et d’eau», déplore-t-il.
Une fois le problème résolu et les équipements fonctionnels, M.Ndagijimana certifie que la coopérative projette de transformer 500 kg de pommes de maracujas en jus par jour.

Venant Gahungu, président de la coopérative « Amata y’akanovera » : « La coopérative a obtenu un équipement de transformation et de conservation du lait d’une capacité de 1 000 litres par jour, un groupe électrogène, une plaque solaire…
Un projet debout à la filière lait
Les équipements pour la filière lait sont déjà installés comme l’atteste les bénéficiaires, membres de la coopérative « Amata y’akanovera » de la colline Mukoni, commune et province Muyinga, une coopérative qui compte 730 membres dont 319 femmes et 411 hommes.
Venant Gahungu, président de cette coopérative confirme avoir obtenu l’équipement de transformation et de conservation du lait d’une capacité de 1 000 litres par jour. Cet immeuble est doté d’un groupe électrogène et d’une plaque solaire…
« Nous attendons l’arrivée prochaine d’un produit de lavage des équipements pour commencer la collecte et la commercialisation du lait » articule-t-il. Et de demander un moyen de transport frigorifique pour transporter le lait ainsi que la clôture du siège de leur coopérative.
Les bénéficiaires des filières manioc, banane veulent être régularisés par l’IITA
Les bénéficiaires du projet PRODEMA qui n’ont pas encore reçu les équipements ou ceux qui ont eu les équipements, doutent de leur bon fonctionnement. Ils demandent ainsi au Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage d’intercèder pour eux, via la Banque Mondiale qui a financé le projet et qui a débloqué les fonds pour l’achat de ces équipements.
Filière légume : équipement qui sème confusion
Le contrat de fourniture d’équipements lie la coopérative « Murima w’isangi » de la colline Gahaga, zone Bukeye, commune Bukeye, province Muramvya et l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA). Notons que la coopérative comprend 446 membres dont 323 femmes et 123 hommes.

Nestor Nsengiyumva, vice-président de la coopérative « Murima w’isangi »: « Les spécifications techniques de la machine qui fait objet de contrat ne sont pas conformes à celles de la machine fournie. Raison pour laquelle la coopérative ne l’a pas réceptionnée »
Nestor Nsengiyumva, vice-président de la coopérative regrette que les spécifications techniques de la machine qui fait objet de contrat ne sont pas conformes à celle de la machine fournie, raison pour laquelle la coopérative ne l’a pas réceptionnée.
Il précise que la machine dispose de trois systèmes pour fonctionner, la plaque solaire, les rayons solaires et le charbon.
Tous ces systèmes ne fonctionnent pas, poursuit M.Nsengiyumva. « Pire encore, l’IITA devrait nous fournir une chambre froide mais il ne nous a seulement octroyé que les accessoires », s’exclame-t-il.
Les filières manioc et banane, toujours en attente des équipements
C’est le cas de la coopérative «Igitoke kazoza kacu» de la colline Mukoni, zone Muyinga, commune et province Muyinga. La coopérative compte 249 membres dont 106 femmes et 143 hommes. Elle dispose de plus de 13 millions de FBu sur son compte pour pérenniser le projet.
Malgré que la volonté et les moyens pour pérenniser le projet existent, Hassan Cimpaye, secrétaire de la coopérative s’inquiète du fait que l’IITA n’a pas encore fourni la machine pour transformer les régimes de bananes en kraft. « Les représentants de la coopérative ont peur au cas où l’équipement ne serait pas livré car les membres de la coopérative risqueraient de nous traiter d’escroc et croire que nous aurions volatilisé leur équipement », fait-il savoir.
Toutefois, M. Cimpaye applaudit des deux mains ce qu’a fait le PRODEMA pour la coopérative. « Il nous a donné des formations, des infrastructures… », renchérit-il. Et d’éclaircir que la transformation des régimes de bananes en kraft profiterait aux cultivateurs de la banane qui vendaient leur production en Tanzanie à un prix dérisoire.
La situation est presque similaire pour le Groupement Pré-Coopérative Appui au Développement de l’Agriculture et de l’Elevage (ADAE) de la Colline Nyankerera, Commune et Province Cankuzo. Celle-ci compte 52 membres dont 25 femmes et 27 hommes. Avec l’appui du PRODEMA, elle compte multiplier les plants de bananes.
« La tâche du PRODEMA est déjà terminée et le projet nous a aidé dans la confection des pépinières et la construction des infrastructures. Actuellement, nous attendons les équipements pour la multiplication des plants de bananes qui devaient être livrés par l’IITA au mois de septembre 2019. Mais comme la saison culturale idéale pour les bananes est déjà dépassée, nous comptons multiplier les plants de bananes en 2021. Cela au cas où l’équipement serait acquis », lâche Godeberthe Ntibankunda, présidente de l’ADAE.
Le groupement Pré-Coopérative de Buhumuza (GROUPCO), situé sur la Colline Muyaga, Commune et Province Cankuzo vit le même cauchemar que les coopératives ci-haut citées.
Ce groupement est formé de 172 membres dont 79 femmes, ll dispose d’une unité standard de transformation du manioc comme le souligne Denis Mosozi, trésorier du GROUPCO Buhumuza.

Hassan Cimpaye, secrétaire de la coopérative « Igitoke kazoza kacu » : « Le PRODEMA nous a donné des formations, des infrastructures… Ce qui empêche le démarrage des activités est que l’IITA n’a pas encore fourni la machine destinée à transformer les régimes de bananes en kraft »
« Le groupement attend impatiemment la machine de transformation du manioc et le contrat de fourniture a été signé entre le groupement et l’IITA, cette machine est cependant attendu depuis le mois de juillet 2019. Soulignons que le groupement disposait d’environ 12 hectares de manioc prêts à être récoltés à partir de la même date. Maintenant, le manioc est en train de se détériorer (décomposer) dans le sous-sol », s’exclame M.Mosozi.
Il précise en outre que le groupement dispose d’une somme de 16 millions de BIF sur son compte pour ne pas laisser le projet à mi-chemin même à la clôture des activités du PRODEMA.
IITA tranquillise
Dr Emmanuel Njukwe, représentant d’IITA au Burundi reconnaît que les équipements pour la transformation du manioc et de la banane ne sont pas encore arrivés. « Les équipements pour la transformation du manioc spécialisé sont déjà à Dar-es-Salaam depuis le 27 novembre 2019. Cependant, les équipements pour la transformation du manioc standard et de la banane sont encore au Nigéria et les contrats signés avec Ethiopian Airlines pour amener ces équipements indiquent qu’ils arriveraient à Bujumbura avant le 31 janvier 2020 », déclare-t-il. Et de renchérir : « D’ici mi-février 2020, je pense qu’on aura terminé l’installation des équipements et l’IITA va alors commencer la formation des bénéficiaires sur l’utilisation de ces équipements ».
Rappellons que le PRODEMA intervenait dans onze provinces à savoir : Makamba, Bururi, Rutana, Mwaro, Muramvya, Bubanza, Ngozi, Muyinga, Kirundo, Cankuzo et Rumonge. Il a été mis en œuvre depuis novembre 2010 et il fermera ses portes le 31 janvier 2020. Il aurait ainsi duré 10 ans au service du développement des petits producteurs regroupés au sein des associations de producteurs. Le PRODEMA a eu comme principaux partenaires : les Opérateurs de Proximité (ODP: Caritas Burundi, COPED, UCODE, Twitezimbere et INADES Formation Burundi), UNIPROBA et les Agences internationales IITA et IRRI.




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