Société

Quand la religion dicte le traitement des morts

Au Burundi, l’organisation des obsèques est différente suivant les communautés. De même, les places pour inhumation sont différemment aménagées

Les obsèques chez les catholiques diffèrent de celles observées chez les Musulmans. Quant aux Hindous et certains Asiatiques, ils pratiquent la crémation. Au niveau des rites funéraires, les places pour l’inhumation diffèrent profondément et les coûts ne sont pas les mêmes. Nonobstant, l’enterrement des Musulmans et la crémation attirent plus d’attention.

Le carré musulman de Mpanda se distingue par sa simplicité.

Pas de luxe dans le carré des Musulmans

A Mpanda, le contraste existe toujours selon les croyances des défunts. Le carré des Musulmans a été prévu à part, un peu loin du cimetière des chrétiens. A la différence des tombes pour chrétiens, le carré des Musulmans se distingue par sa simplicité. Là-bas, les tombes ne sont pas construites.   Elles ne sont couvertes que de la terre. Sur certaines tombes, une modeste pancarte indique le nom du défunt.

Selon Haruna Nkunduwiga, un leader de la communauté musulmane au Burundi, « la terre suffit. Comme l’homme est issu de la poussière, il retournera dans la poussière ». Le cercueil n’est pas utile. « Nous devons faire des choses simples, comme recommandé», explique le Cheikh. Quand un Musulman est mort, on a 24 heures pour l’inhumer et la morgue est interdite. Le Cheikh n’a pas voulu donner d’amples explications sur le placement du mort dans la tombe.

La place de la crémation  au Burundi

Au Burundi, la crémation est permise. Il s’agit d’une destruction d’un cadavre par le feu. Ce rituel est surtout pratiqué par les Asiatiques vivant au Burundi, dont la majorité est constituée d’Indiens. La communauté des Indiens vivant au Burundi a dû acheter définitivement la place. Selon Hitul Khetia,  président de la communauté indienne au Burundi, ils avaient déjà été contraints à maintes reprises de déménager avec l’agrandissement de la ville. Ce qu’ils veulent éviter dans le futur.

Le corps est placé au milieu du bois rangé selon la technique connue avant d’y mettre le feu.

   

Des Chinois, quelques Européens et Asiatiques se font également crématiser. Le président de la communauté indienne au Burundi affirme qu’ils n’ont jamais rencontré d’obstacles au niveau de l’administration. « On n’a jamais eu d’obstacles pour incinérer nos morts au Burundi. Le gouvernement nous a toujours aidés. Il a été coopératif et nous n’avons jamais eu de problèmes», indique-t-il.

A la découverte du rituel de la crémation

Ni le cercueil ni la tombe ne sont nécessaires pour la crémation des morts. Selon les propos de Hitul Khetia le matériel utilisé est principalement constitué de bois et d’huile de vache.  D’autres produits utilisés sont en petites quantités. Le corps est placé au milieu du bois rangé selon la technique connue avant d’y mettre le feu. On quitte le lieu quand on est sûr que la crémation est totale pour y retourner le lendemain. On ramasse alors une petite quantité de cendre et le reste des os qu’on remet à la famille.

«Normalement, on ne garde rien du défunt. On jette le cendre dans un fleuve ou dans un cours d’eau», explique-t-il. La communauté indienne et celles qui partagent sa culture oublient tout d’une personne décédée. «Nous ne gardons aucun souvenir d’un mort», assure Hitul Khetia.

-Tandis que « l’incinération » est une technique de transformation par l’action du feu est aurait un sens plus péjoratif pour les humains, le mot « crémation » a un sens plus concret. Il vient du mot latin « cremare » qui signifie brûler. La crémation est un procédé funéraire qui vise à brûler et réduire en cendres le corps d’un être humain décédé.

-Le « carré musulman » est la partie d’un cimetière destinée à accueillir des défunts Musulmans. Il existe seulement dans des pays non musulmans car dans la religion musulmane, « les âmes des croyants doivent reposer ensemble ».

                 

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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