Société

Quand le métier de soudeur devient un simple mode de survie

Le métier de soudeur fait vivre beaucoup de familles. Cette activité reste pourtant pratiquée dans des situations moins professionnelles, parfois précaires. Le reporter de Burundi Eco nous mène à la rencontre de ces professionnels. Reportage

C’est la journée, aux environs de 10h…le soleil brille et il fait chaud dans ce quartier du nord de Bujumbura, la capitale économique. Aux abords du Boulevard Mwezi Gisabo, nous croisons trois artisans. Un d’eux s’occupe d’un pneu crevé, avec des habits couverts de taches noires. Les apparences ne trompent pas cette fois-ci. Il s’agit de l’un de ces ouvriers qui vivent de leur force.  Nous nous approchons de lui avec l’intention de lui demander une quelconque orientation. Nous voulons échanger avec un soudeur.

La majorité des soudeurs de la ville de Bujumbura travaillent dans la précarité et ne considèrent leur métier que comme un simple mode de survie

« Ici nous faisons aussi de la soudure. Avez-vous un marché pour nous ? », interroge N. J. Les deux autres s’approchent, silencieux. N.J change de visage. Il venait déjà d’indiquer qu’il travaille avec ses amis en coopérative, mais qu’ils travaillent en partenariat avec une autre personne qu’on surnomme «Boss». Cet homme change d’avis et fait savoir clairement qu’il a raison d’avoir peur. « Vous connaissez mal les patrons d’ici. Je ne peux parler de cela que si seulement c’est à huis clos ». Après maintes tentatives vouées à l’échec, nous abandonnons notre cible. Les quartiers en sont pleins. Il fallait trouver un autre qui se sent un peu plus libre.

Nous descendons. A la sortie du marché de Kamenge, au tournant de la rue. Dans un grincement métallique très bruyant, des étincelles volant en l’air agressant violemment l’œil d’un passant, deux jeunes hommes montent un cadre pour fenêtre. Non loin de là, un homme d’une soixantaine d’années à côté les regarde comme s’il attendait. Les deux soudeurs ne portent aucun matériel de protection, à l’exception des lunettes de soleil. Nous nous adressons à celui qui tient un poste à souder. Après lui avoir expliqué le motif de la visite, il se recourbe pour continuer son travail. « Je suis occupé », dit-il. Le respect de la hiérarchie est de mise dans ce monde-là. Le vieux se lève et vient me demander ce que je veux. Je remarque alors que c’est lui le chef. Nous nous retranchons à quelques pas et je lui explique la raison de ma présence. Cette fois, Nshimirimana obtient la permission de me parler.

Un métier souvent pratiqué dans la précarité 

C’est un jeune homme dont l’âge se situerait entre 35 et 40 ans. Adelin Nshimirimana vit de son métier de soudeur. L’homme semble être fatigué d’une longue vie difficile. Comme la majorité des soudeurs opérant dans des quartiers populaires, il travaille sans matériel de protection. Les soudeurs de la capitale économique n’ont pas d’ateliers. Equipés d’un matériel médiocre, ils travaillent sur de petites surfaces, souvent au bord ou au tournant de la rue, s’exposant aux accidents de roulage.

Adelin Nshimirimana pratique le métier de soudeur il y a déjà plus de 15 ans. « Je ne me souviens pas très bien, mais je vis de ce job depuis plus de 15 ans », réagit-il.  A l’abri de son chef, ce vétéran du métier de soudeur nous explique : «Nous travaillons ici en équipe chaque jour, mais nous payons un versement à celui qui nous prête le matériel». Visiblement, il se présente là lorsqu’il n’est pas sollicité ailleurs. Pour lui, peu de ceux qui vivent de ce métier travaillent pour autrui et reste mobiles. Sinon, on est toujours   obligé de s’attendre à des travaux occasionnels ou journaliers.

Le soudeur peut être rémunéré mensuellement ou par jour mais c’est rare qu’il soit permanent. Le travail est toujours temporaire. Le salaire journalier varie selon les cas. Par jour, il peut se situer entre 7000 et 30 000 FBu. Cet homme avoue qu’il peut accepter même moins que ça. Il suffit qu’il soit fauché alors qu’il est père d’une famille.  Le lieu de travail, le nombre d’heures de travail et les considérations du client déterminent le salaire à percevoir par jour ou par mois.

Ce qui ne va pas avec le métier de soudeur, c’est qu’on est obligé de travailler dans la précarité. A la question de savoir si les soudeurs trouvent du travail tous les jours, Adelin Nshimirimana répond en souriant : « Quand on ne trouve pas de travail, on attend. C’est comme ça la vie ». Nshimirimana fait tout de même une observation. Les soudeurs exercent dans des espaces trop réduits et exigus. Il pense que l’aménagement des espaces propres à ce travail est utile pour la bonne marche de ces activités.

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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