Développement

Quartier Kizingwe-Bihara : Quand les robinets ne coulent plus

Beaucoup de robinets ne coulent presque plus dans le quartier Kizingwe-Bihara, zone Kanyosha, commune Muha en Mairie de Bujumbura. Les habitants de cette localité sont donc obligés d’acheter un bidon de 20 litres d’eau provenant du lac Tanganyika entre 300 FBu et 500 FBu et entre 500 FBu et 800 FBu pour un bidon d’eau du robinet. La population de cette localité lance un cri d’alarme 

L’eau potable est une denrée rare dans le quartier Kizingwe-Bihara de la zone Kanyosha, commune Muha, en Mairie de Bujumbura. Depuis plusieurs jours, certains habitants de cette localité n’ont vu aucune goutte d’eau sortir de leurs robinets. Cela les induit dans une situation précaire vu que l’eau est indispensable dans la vie des ménages.

Pour certains, mieux vaut oublier l’eau de la Regideso et chercher d’autres alternatives pour contourner le défi relatif à la pénurie de l’eau potable car, disent-ils, il n’y a aucune différence entre les ménages disposant de robinets d’eau et ceux qui n’en ont pas. « Nous sommes connectés au réseau de l’eau de la Regideso depuis 2020. Depuis lors, nous n’avons jamais profité pleinement de cette eau dont les installations nous ont coûté énormément chères », se lamente Mme Nadine Ndikumana, habitant dans le secteur Kibembe, quartier Kizingwe-Bihara. Très rarement ils reçoivent l’eau de la Regideso et cela de 23 heures à 3 heures du matin. Une fois le mois, l’eau de robinet est servie pendant la journée dans cette localité, comme le témoigne une dame qui a requis l’anonymat. «Nous sommes obligés de vérifier chaque jour s’il y a de l’eau pour ne pas la louper une fois disponibilisée», fait-elle savoir.

Depuis plusieurs jours, certains habitants du quartier Kizingwe-Bihara n’ont vu aucune goutte d’eau sortir de leurs robinets.

Une alternative dangereuse et onéreuse

Dans les quartiers avoisinants, des groupes d’enfants provenant du quartier Kizingwe-Bihara sillonnent les rues les bidons dans les mains, toquant d’un portail à un autre pour demander de l’eau potable. N’ayant pas d’autres choix, certains habitants de cette localité puisent l’eau du lac Tanganyika. Cette eau qui est plutôt sale est utilisée dans la lessive et, au pire, elle est utilisée dans la cuisson des aliments. Ce qui peut évidemment nuire à leur santé. Malgré la non potabilité de cette eau du lac Tanganyika, elle n’est pas gratuite.  Ceux qui ne peuvent pas aller puiser eux-mêmes cette eau l’achète entre 300 FBu et 500 FBu le bidon de 20 litres et entre 500 FBu et 800 FBu le bidon s’il s’agit de l’eau potable.

Les pertes sont énormes pour les constructeurs de maisons

Si cette pénurie d’eau est un calvaire pour ceux qui utilisent un ou deux bidons d’eau par jour, cela s’avère très préoccupant pour les constructeurs de maisons, surtout que cette localité dispose de plusieurs infrastructures en cours de construction comme l’a précisé un chef de chantier rencontré sur place, l’eau est un besoin irremplaçable à chaque étape de la construction, a-t-il fait savoir. Elle est indispensable depuis le début jusqu’à la fin des travaux. Lors de la saison pluvieuse, on a un léger mieux, parce qu’on utilise en grande partie l’eau de pluie. Mais pendant la saison sèche, l’unique choix est d’acheter un bidon de 20 litres de l’eau du lac Tanganyika à 300 FBu. Ils utilisent à peu près 50 bidons par jour. Cela dépend de la façon dont l’étape de la construction nécessite l’utilisation de l’eau. Cela signifie qu’il y a plus de 15000 FBu destinés à l’achat de l’eau chaque jour et donc plus de 75 000 FBu destinés à cette fin par semaine. « Ce coût est énorme », explique-t-il.

Une lueur d’espoir pour cette population

Léonidas Sindayigaya, porte-parole du ministère ayant l’eau dans ses attributions a fait savoir qu’ils sont au courant de cette pénurie. Selon lui, ces perturbations sont communes aux quartiers périphériques de la ville de Bujumbura et sont dues entre autres à la croissance démographique. Toutefois, M.Sindayigaya tranquillise la population  de Kizingwe-Bihara tout comme celle des quartiers du Nord de la capitale économique comme Carama. Il indique que les services habilités sont à l’œuvre pour que ce problème soit résolu d’ici deux mois. Pour ceux des quartiers du Nord de la ville de Bujumbura, ils auront un complément provenant du réseau de Rugazi et pour ceux des quartiers du sud de la ville, ils auront un complément provenant du réseau de Mutambu.

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Florence Inyabuntu.

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