
A l’occasion de la Journée de l’enfant africain, la Fédération Nationale des Associations engagées dans le Domaine de l’Enfance au Burundi (FENADEB) a organisé une conférence publique dans laquelle elle a déploré la situation des droits de l’enfant dans le pays. La question du trafic des enfants et les déplacements massifs des filles vers l’extérieur du pays sont à la une.
Selon Me Jacques Nshimirimana, président de la FENADEB, la situation des droits des enfants suit le rythme du respect des autres droits humains .Quand les droits des personnes adultes ne sont pas respectés, les droits des enfants ne le sont pas aussi.
Sur la question du trafic des enfants et les déplacements des filles à l’étranger, il informe que les organisations de défense des droits de l’enfant au Burundi n’ont cessé d’alerter l’opinion tant nationale qu’internationale sur l’existence de ce phénomène et surtout sur ses conséquences néfastes sur la société burundaise en général et la personne des enfants en particulier.
La situation est alarmante
Partant de l’ampleur de ce phénomène au Burundi, Me Nshimirimana a indiqué qu’en avril 2015, un groupe de malfaiteurs mal intentionnés et inconnus du ministère de l’Intérieur a déplacé 44 enfants de moins de 15 ans vers la RDC, puis vers le Rwanda soi-disant pour les protéger contre les hostilités qui s’observaient à Bujumbura. Jusqu’à présent, ni les organisations de défense des droits de l’enfant au Burundi, ni les autorités burundaises, ni les autorités congolaises, ni celles du Rwanda, ni les agences des Nations Unies (Unicef, HCR), personne ne sait exactement où se trouvent ces enfants.
Depuis le mois de février 2016, beaucoup de fillettes sont recrutées et une grande majorité d’entre elles viennent des provinces Muramvya, Bururi, Bujumbura et Bubanza.
Selon nos sources, entre le 10 et le 25 avril 2016, plus de 180 filles seraient parties en passant par l’aéroport International de Bujumbura, entre le 01 et le 04 mai 2016, plus de 80 filles seraient parties, et entre le 05 et le 10 mai 2016, 70 filles auraient rejoint les autres à Oman et en Arabie Saoudite.
Selon toujours nos sources d’information, 93 filles seraient parties entre le 01 et le 09 Juin 2016 à destination de Mascate en Oman. Elles aussi seraient passées par l’aéroport international de Bujumbura. La majorité d’entre elles seraient originaires des communes Rumonge, Burambi, Buyengero, Rutegama et Bubanza.
La FENADEB recommande au gouvernement de faire tout son possible pour arrêter ces déplacements massifs des filles à l’extérieur du pays et qu’il diligente une enquête sur les mobiles des ces déplacements.
Que les parents soient vigilants
Martin Nivyabandi, ministre de la Solidarité Nationale, du Genre et des Droits de la Personne Humaine, condamne les malfaiteurs qui s’adonnent ces derniers à la traite des personnes. Aux parents, M. Nivyabandi demande la vigilance surtout que ces malfaiteurs rôdent autour des ménages, des écoles pour attirer l’attention des jeunes filles en leur promettant une belle vie à l’étranger. Pour lui, la responsabilité de l’éducation des enfants appartient à tout le monde. Il précise que le ministère de la Solidarité Nationale, du Genre et des Droits de la Personne Humaine à travers son département de l’enfant et de la famille en collaboration avec les services de sécurité va punir sérieusement ceux qui sont impliqués dans ce commerce illicite. Il promet que le gouvernement va mettre hors état de nuire ces malfaiteurs. Il salue le travail des organisations de la société et des forces de l’ordre qui ont mis à nu le plan macabre de ces gens.




Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.