Education

Vers la mise en place de la politique d’éducation

Avec le concours de la Maison de l’Unesco pour la Culture de la Paix au Burundi, le ministère en charge de l’éducation veut élaborer une politique enseignante. C’est dans ce cadre qu’une étude actualisée sur la question enseignante a été validée jeudi le 15 février 2018. Elle revient surtout sur les problèmes récurrents en matière d’éducation : les sureffectifs dans les classes, les taux d’abandons et de redoublements élevés, les recrutements, la formation et la qualification des enseignants….

L’étude diagnostique sur la question enseignante a été menée en 2012 par l’Unesco avec l’accompagnement technique du Centre universitaire de Recherche et d’Intervention pour le Développement Individuel, communautaire et Social (CRIDIS). Or, depuis 2012, le système éducatif a connu de nombreuses modifications (l’évaluation du programme dénommé Education pour Tous, le nouvel agenda mondial de l’Education : agenda 2030 avec les Objectifs de Développement Durable, etc). Le ministère de l’Education, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a sollicité le concours de l’Unesco pour actualiser l’étude qui servira de base à l’élaboration d’une politique sur le développement de la profession enseignante, explique Abdoulaye Barry, un des consultants qui a mené l’étude.

Mme Sylvie Hatungimana, secrétaire exécutif de la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur : « Il faut plaider de manière à ce que l’éducation soit réellement la clé de développement dans tous les domaines ».

Le chargé de Bureau à la Maison de l’Unesco pour la Culture de la Paix, Mme Joséphine Ntahobari a rappelé aux participants que l’Agenda 2030, spécialement l’éducation 2030 ou l’Objectif de Développement Durable n°4 dit ODD4 en abrégé constitue la boussole du monde de l’éducation depuis la fin des Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) en 2015.

Réformes introduites et leur impact sur l’éducation

Le gouvernement a instauré pas mal de réformes dans le système éducatif. L’on se souviendra de la gratuité de l’enseignement, de la réforme de l’école fondamentale et de l’introduction du système BMD dans l’enseignement supérieur. Certes, ces réformes ont produit des effets positifs (surtout en ce qui concerne l’augmentation du taux brut de scolarisation), mais les besoins en éducation ne cessent d’augmenter.

La réforme de la gratuité de l’enseignement en vigueur depuis 2005 a permis l’amélioration des indicateurs d’accès à l’école. Les effectifs des lauréats pour la première année de scolarisation ont triplé. « Entre 2005 et 2006, le Taux Brut d’Inscription est passé de 160% à 200 %. Cela grâce à la sensibilisation des parents sur l’importance d’envoyer les enfants à l’école, même ceux qui avaient dépassé l’âge scolaire (6 ans) ont été enregistrées », explique Neema Ndayishimiye l’une des consultants qui ont mené l’étude.

Parallèlement la demande en termes d’infrastructures, de manuels scolaires, de ressources humaines et financières ne cesse d’augmenter. D’ici 2030, les estimations projettent la population scolarisée à 5 000 000 d’élèves. Avec un ratio élèves/classe de 50 et un taux d’encadrement de 50 élèves par enseignant. Et il faudra le double d’enseignants et de classes disponibles aujourd’hui, prévient l’étude sur la question enseignante.

Des taux d’abandons et de redoublement

D’après l’étude sur la question enseignante, les taux d’abandon et de redoublement de manière générale diminuent au fur et à mesure qu’on s’élève dans la hiérarchie scolaire. Les taux de redoublement sont particulièrement élevés (parmi les plus élevés en Afrique Sub-Saharienne). Les taux très élevés pour les deux indicateurs en 1ère année ; donc en début de scolarité, sont inquiétants.

Les hypothèses explicatives évoquées sont notamment : les taux d’échecs élevés, dus entre autres à la surcharge des classes, les mauvaises conditions d’apprentissage relevant là aussi de classes trop nombreuses, la pauvreté des parents qui placent les priorités ailleurs que dans la scolarisation des enfants… apprend-on de l’étude. En 2015, 10% des 563 649 inscrits en 1ère année ont abandonné l’école. Et 26% des écoliers ont refaits l’année à la même période

Pas de transparence dans le recrutement

Le recrutement d’enseignants est encore nécessaire sur tous les niveaux car ce n’est pas encore atteint les ratios désirés par rapport à l’assurance-qualité. « D’après les enseignants interrogés les procédures de recrutement sont longues et coûteuses pour les candidats. Les recrutements se font sur des critères non officiels (la corruption, le régionalisme, l’appartenance politique, les connaissances etc.) », a indiqué Pr Joseph Ndayisaba dans sa présentation sur la gestion des enseignants.

Il note également que pour tous les niveaux d’enseignement, le taux de qualification n’est pas encore satisfaisant. Il l’est au niveau de l’enseignement fondamental surtout au 1er et 2ème degré. Mais pour le reste le niveau est encore faible.

L’éducation au service du développement

D’après Hélménégilde Burikukiye, Inspecteur Général de l’Enseignement Fondamental et Post-fondamental au ministère en charge de l’éducation, le développement durable doit s’appuyer sur des bases solides.

C’est pourquoi notre pays s’est engagé à renforcer son système éducatif en vue d’en faire une véritable machine de production des ressources humaines susceptibles d’apporter des solutions durables aux défis socio-économiques auxquels il est confronté. Une idée qu’il partage avec Mme Sylvie Hatungimana, secrétaire exécutif de la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur. Elle informe qu’il faut plaider de manière à ce que l’éducation soit réellement la clé de développement dans tous les domaines.

Notons que la politique enseignante permettra de définir lprincipalement es conditions de travail des enseignants, leur rémunération, le processus de recrutement, le renforcement des capacités et l’organisation des carrières de la profession enseignante.

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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