Transport

La pénurie du carburant pousse les conducteurs vers le marché noir

Depuis cinq ans, le Burundi fait face à une grave pénurie du carburant. Les stations-service sont souvent à sec, obligeant les automobilistes et les motocyclistes à patienter des heures, voire des jours, ou à se tourner vers le marché noir pour se déplacer.

Face à l’impossibilité d’obtenir l’essence dans les stations-service officielles, de nombreux Burundais se tournent vers le marché noir.

 

Au Burundi, obtenir du carburant relève d’un véritable défi. Pour tenter de réguler la distribution, la Société Pétrolière du Burundi (SOPEBU) publie sur ses réseaux sociaux la liste des stations qui reçoivent le carburant à une date donnée. Mais les contraintes sont nombreuses : la distribution officielle se fait selon les numéros de plaques d’immatriculation. Les véhicules dont les plaques se terminent par les chiffres 0 à 4 sont servis entre lundi et mercredi, tandis que ceux se terminant par 5 à 9 peuvent se ravitailler de jeudi à dimanche. De plus, aucun véhicule ne peut recevoir plus de 30 litres par passage.

Même si ces restrictions sont respectées et que la station est éligible pour recevoir le carburant, une longue file de véhicules se forme toujours, comptant environ 200 véhicules dans la plupart des cas, tous cherchant à se faire servir. Ce n’est pas tout : un agent de la SOPEBU doit vérifier que chaque véhicule dispose de documents valables, notamment la carte grise et le contrôle technique, sinon, il est disqualifié.

A cela s’ajoute le facteur temps. Même si une voiture remplit toutes les conditions requises, il n’est pas évident qu’elle obtienne l’essence rapidement. Un conducteur peut passer jusqu’à deux journées entières pour se procurer du carburant. Donc la patience reste de mise. A Kajaga, dans la ville de Bujumbura, un conducteur explique : « Je me tiens prêt à perdre deux journées entières pour obtenir du carburant. Il n’y a pas d’autre choix.  C’est la patience et la résilience qui comptent. » Pour d’autres, ces longues files d’attente dissuadent complètement. Un fonctionnaire du centre-ville confie : « Je n’ai pas le temps de faire la queue pour la moto. Désormais, je me contente de prendre le bus. »

Le marché noir, une solution coûteuse mais indispensable

Face à l’impossibilité d’obtenir l’essence dans les stations-service officielles, de nombreux Burundais se tournent vers le marché noir. Là, le prix du litre explose : environ 17 000 BIF contre 4 000 BIF dans les stations-service officielles. Ce commerce clandestin, bien que condamné par le gouvernement, est devenu incontournable. Dans différents quartiers de Bujumbura, il est courant de trouver du carburant, surtout en cas d’urgence.

« Lorsque j’ai un rendez-vous important ou une cérémonie à laquelle je dois participer, je dépense 25 000 BIF pour acheter 1,5 litre d’essence afin de me déplacer à moto. Mais ce n’est pas viable au quotidien », explique un habitant de Carama. Ainsi, le marché noir, malgré son coût et son caractère illégal, devient une bouée de sauvetage pour ceux qui n’ont pas accès aux voies officielles.

Cette crise du carburant impacte directement la vie quotidienne de la population. Les longues attentes et les dépenses supplémentaires pèsent sur les budgets des ménages et contraignent les citoyens à repenser leurs déplacements. La pénurie chronique du carburant révèle la fragilité du système de distribution et met en lumière la capacité des Burundais à s’adapter face à des difficultés persistantes.

Mots-clés :
A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

éditorial

Vers la promotion de la qualité de l’enseignement ?

Vers la promotion de la qualité de l’enseignement ?

Le ministère en charge de l’éducation, à travers la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur (CNES), s’active à promouvoir la qualité de l’enseignement au Burundi. Ce qui témoigne cela est l’évaluation qui a été faite dans 39 institutions universitaires. Après l’évaluation, des mesures ont été prises par le gouvernement pour booster la qualité de l’enseignement supérieur. Pour le moment, les universités qui ont moins de 50% n’ont pas le droit d’accueillir les nouveaux lauréats.

    Abonnez-vous à notre bulletin

    Journal n° 712

    Dossiers Pédagogiques

    Facebook

éditorial

Vers la promotion de la qualité de l’enseignement ?

Vers la promotion de la qualité de l’enseignement ?

Le ministère en charge de l’éducation, à travers la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur (CNES), s’active à promouvoir la qualité de l’enseignement au Burundi. Ce qui témoigne cela est l’évaluation qui a été faite dans 39 institutions universitaires. Après l’évaluation, des mesures ont été prises par le gouvernement pour booster la qualité de l’enseignement supérieur. Pour le moment, les universités qui ont moins de 50% n’ont pas le droit d’accueillir les nouveaux lauréats.
  • Journal n° 712

  • Dossiers Pédagogiques