Le Burundi instaure pour l’exercice budgétaire 2025/2026 une redevance environnementale annuelle sur les véhicules à moteur. Elle est calculée selon le poids de l’engin et vise particulièrement à compenser l’impact écologique des véhicules et à soutenir des projets environnementaux.

La redevance environnementale est payable au plus tard le 31 mars de chaque année.
Au titre de la gestion budgétaire 2025/2026, il est institué une redevance annuelle environnementale forfaitaire imposée aux engins à moteur, dont les tarifs sont fixés selon la nature et le poids du véhicule. Pour les motocyclettes, le montant est de 10 000 FBu, tandis que les tricycles et quadricycles à moteur sont taxés à hauteur de 20 000 FBu. Pour les autres types de véhicules et engins, la tarification est progressive : 50 000 FBu pour un poids inférieur ou égal à 1 400 kg, 100 000 FBu entre 1 401 kg et 2 500 kg, 500 000 FBu entre 2 501 kg et 3 500 kg, 1 000 000 FBu entre 3 501 kg et 9 000 kg et 1 500 000 FBu pour les engins de plus de 9 001 kg. Cette redevance est payable au plus tard le 31 mars de chaque année, tout retard étant passible d’une amende de 50 % majorée de 1 % par mois de retard. La redevance environnementale des véhicules et motos acquises au cours de l’année ne sera payée que pour la période de l’année où le véhicule a été acquis.
Cette loi prévoit des exceptions. Les véhicules de l’Etat, des missions diplomatiques et consulaires, des organismes internationaux, et ceux des ONG ayant signé des conventions avec le Gouvernement du Burundi ne sont pas concernés. Les véhicules électriques bénéficient également de cette exemption, tandis que les transports en commun de plus de 12 places sont soumis à un tarif forfaitaire de 100 000 FBu.
Une initiative qui vient à point nommé selon l’OBPE
Selon Berchmans Hatungimana, Directeur Général de l’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE), cette initiative arrive à point nommé, car elle permettra de financer la lutte contre le changement climatique et de soutenir les projets qui visent la protection de l’environnement. « Nous avons constaté que les véhicules figurent parmi les agents qui dégradent l’atmosphère, car leurs émissions de gaz à effet de serre augmentent la pollution de l’air. C’est pourquoi ces éléments ont été intégrés à la redevance environnementale. L’objectif est que ces véhicules qui émettent des gaz à effet de serre ici et là puissent contribuer au fonds que l’Etat utilise ensuite pour la protection de l’environnement. », dit-il.
M. Hatungimana évoque également le défi des véhicules d’occasion qui, bien qu’acquis à bas prix après avoir été mis hors d’usage dans les pays développés, deviennent rapidement des sources de pollution et des épaves difficiles à gérer dans des pays comme le Burundi. « Cette redevance offrira donc à l’Etat les moyens d’assurer une meilleure gestion de ces épaves », explique-t-il. Quant aux inquiétudes sur l’affectation réelle de ces fonds, certains craignant une gestion similaire à celle de la redevance routière où l’entretien des routes laisse parfois à désirer, Hatungimana appelle les contribuables à agir sans hésitation car, dit-il, l’Etat agit en bon père de famille : que ce soit les revenus de la redevance environnementale ou ceux provenant des autres impôts, toutes ces ressources sont centralisées dans le trésor public puis affectées selon les priorités nationales. « Ce que je peux affirmer c’est que le secteur de la protection de l’environnement bénéficie d’une attention particulière. Au sein du ministère en charge de l’environnement, nous prévoyons des actions de protection de l’environnement telles que le reboisement, la protection des rivières, l’aménagement des berges pour restaurer l’écosystème, etc. L’Etat finance déjà ces activités. Cette redevance viendra renforcer les initiatives déjà existantes », assure-t-il.




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