Gouvernance

Regideso : Des cas de fraudes constatés, mais quid des complicités internes ?

La Regideso est à la traque des fraudeurs depuis quelques mois. Une centaine de cas qualifiés d’anormaux dont 16 cas de fraude d’eau et d’électricité ont été démasqués. Mais qu’en est-il des complicités au sein de la Regideso? Existent-elles? Le nouveau DG donne des précisions

Une somme avoisinant 300 millions de FBu a été recouvrée par la Regideso dans sa campagne de normalisation de la lutte contre la fraude. Cette campagne a commencé il y a 5 mois. « Les résultats atteints sont aujourd’hui plus que satisfaisants », a annoncé Ir. Jean Albert Manigomba, nouveau directeur général de la Regideso lors d’un point de presse qu’il a tenu mardi le 9 février 2021.

Une centaine de cas qualifiés d’anormaux dont 16 cas de fraude d’eau et d’électricité ont été démasqués. Des cas de compteurs classiques non facturés il y a des années, des cas de compteurs Cashpower défectueux, des cas de compteurs non enregistrés, des cas de fraude d’eau et d’électricité ont été constatés. Ces infractions pénales sont réprimées par l’article 272 du code pénal burundais de décembre 2017.

Des complicités au sein de la Regideso ?

Pas mal de gens se posent cette question. Ir Jean Albert Manigomba précise qu’actuellement aucun employé de la Regideso n’a été coupable de ce genre de fraude. Les gens qui savent bricoler le matériel de la Regideso sont nombreux. En cas d’espèce, un fraudeur que nous avons attrapé à Ngagara nous a affirmé qu’il l’a fait lui-même. Il a révélé qu’il a étudié la section électromécanique à l’Ets Kamenge, fait savoir Ir. Jean Albert Manigomba.

Néanmoins, il ne nie pas qu’il n’y a pas l’existence des complicités au sein de la Regideso. Il indique que des enquêtes sont en cours. Il y a peut-être des complices au niveau de la Regideso. Des employés mal intentionnés, qui ne sont pas des patriotes, peuvent exister, poursuit M. Manigomba. «Nous continuons à les traquer».

Des vols d’éléctricité par branchement direct se font démasquer ces derniers jours.

Si les enquêtes révèlent qu’il y a des complices, des sanctions sévères seront prises à leur endroit. «Nous allons les relever dans les médias afin que le public puisse connaître l’employé qui est à la base de la faillite de la Regideso».

Des publications sur internet pour décourager les cas de fraude

Si un cas de fraude d’eau et d’électricité est avéré, les équipes techniques de la Regideso se rendent sur les lieux, en se faisant accompagner par l’administration et la police du ressort du consommateur incriminé. Au terme de la vérification et de la confirmation du vol, un procès-verbal est signé par les parties prenantes. L’auteur de la fraude paie la facture assortie des frais de re-branchement qui varient selon la nature de l’abonnement (ménage, commerce, industrie…). Des sanctions pénales sont également prévues par le code pénal du Burundi en son article 272.

En outre, pour essayer de décourager de tels cas, la Regideso a désormais décidé de les publier sur ses plateformes de communication, à savoir: la page Facebook, Twitter et son site web. C’est dans le but que les dénonciations atteignent un grand public.

Qu’en est-il du cas de Lumitel ?

Sur son antenne située dans la zone de Kamenge quartier Kavumu, Lumitel a passé une période de 10 mois sans payer la facture du courant électrique qui avoisine 25 millions de FBu. La fraude a consisté en un branchement direct. Dans une réunion avec le DG de la Regideso, le 26 janvier 2021, M. Nguyen Huy Tan,  Directeur général de la société Lumitel a affirmé que sa société a commis des erreurs sur l’installation électrique de la Regideso. Il a affirmé que de telles erreurs de branchement direct ont été commises par les agents de cette société à l’insu de la hiérarchie. Et de promettre que les fautifs sont en train d’être recherchés.

Sur son compte Twitter, la Regideso a informé le 27 janvier 2021 que la société Lumitel venait de payer à la Regideso toute la facture de redressement due, y compris les pénalités infligées et les frais de rebranchement. « Désormais, le contentieux qui liait cette dernière et Lumitel suite au vol du courant électrique est levé. Après, l’action pénale devrait se poursuivre. Mais qu’en est-il des poursuites judiciaires? Dans ces délits, on distingue les personnes physiques des personnes morales. Mais les cas des personnes morales sont particuliers, selon Ir. Manigomba. Pour le DG de la Regideso, une entreprise ne peut pas être emprisonnée. « Nous avons publié ses délits sur nos réseaux sociaux. Nous avons montré au monde que cette société nous a volé. Ça leur a coûté cher ». Les dénoncer sur les réseaux sociaux, que le monde le sache, c’est une grande punition.

Ils nous ont promis de chercher la personne qui était à l’origine de cette fraude. S’il s’avère que c’est un employé de la Regideso, il sera sévèrement puni.

Signalons que certaines publications dénonçant le cas de fraude de la société Lumitel ont été supprimées sur les plateformes de la Regideso.

Quid de la protection des dénonciateurs ?

Quiconque informe sur un cas de fraude ou de vol d’eau et d’électricité reçoit un intéressement équivalent à 10% de la facture des frais de rebranchement et ceci après vérification et confirmation de l’information. Celui qui dénoncera un cas de vol des équipements de la Regideso aura un intéressement de 100 000 FBu.

La protection du dénonciateur s’avère nécessaire étant donné qu’il peut être menacé par le fraudeur.

Au niveau de la Regideso, on indique que « la confidentialité est de mise ». La chargée de la communication dans cette entreprise affirme que l’information fournie par le dénonciateur est gardée confidentiellement. Même les employés de la Regideso ne devraient pas le connaître, explique-t-elle. Certains dénonciateurs ne révèlent pas leurs noms. Le dénonciateur peut téléphoner seulement sans révéler son nom et son identité. On ne peut pas le connaître. Tout le processus se fait  secrètement, insiste-t-elle.

La campagne de normalisation des compteurs bat son plein actuellement dans la capitale économique Bujumbura. La chargée de la communication à la Regideso précise que la commission de normalisation va arriver à l’intérieur du pays dans un proche avenir. « Actuellement la commission de normalisation travaille à Bujumbura, mais elle va aussi se rendre dans toutes les provinces du pays. Cela prend beaucoup de temps pour enquêter».

A propos de l'auteur

Bruce Habarugira.

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