Commerce

La fermeture du « Grenier » va-t-elle revivifier le marché de Ngagara II ?

Dans le but de redynamiser le marché de Ngagara II communément appelé COTEBU, les commerçants qui exerçaient dans le « Grenier du Burundi » ont été contraints de vider les lieux pour aller s’y installer. Et la Mairie de Bujumbura tranquillise les commerçants sur leurs inquiétudes quant à l’insuffisance des places au marché de Ngagara II. La greffe sera-t-elle un succès, la transplantation d’un coeur provenant d’un corps sain sur un corps malade va-t-elle permettre une nouvelle vie ou à tout le moins un prolongement dans la durée ?

Le « Grenier du Burundi » sis à l’ex-marché central est fermé depuis mercredi le 5 Juillet 2017 sur décision du ministre de l’intérieur et de la formation patriotique

Le ministre de l’Intérieur et de la Formation patriotique, M. Pascal Barandagiye, a sorti jeudi le 29 juin 2017 une ordonnance ministérielle portant fermeture du « Grenier du Burundi » sis à l’ex-marché central de Bujumbura.
Selon cette ordonnance, la décision a été prise en vue de redynamiser le marché de Ngagara II, communément appelé marché de Cotebu.
Les commerçants qui avaient des stands au «Grenier du Burundi » vont déménager vers le marché de Ngagara II. M. Pascal Barandagiye charge, à travers cette ordonnance, le maire de la ville de Bujumbura de mettre cette décision en application.

Les commerçants se lamentent de la décision prise
Les commerçants interviewés ce lundi 3 juillet 2017 à propos de l’exécution de cette mesure ont fait savoir qu’ils ont jusqu’au mardi 4 juillet pour exécuter l’ordre donné. Néanmoins, ils trouvent que cette mesure est contraignante car ce marché est excentré ; donc éloigné des clients.

Certains déplorent le fait qu’ils n’ont pas été préalablement avisés. « Nous avons payé 60000 FBu pour deux mois de caution pour des stands que nous n’allons finalement pas occuper pour liquider la caution». Ils demandent au ministre d’attendre au moins deux mois pour la mise en application de cette décision avant d’exprimer leurs inquiétudes quant à l’insuffisance des places au marché de Ngagara II.

Espérance Nizigiyimana, une commerçante rencontrée au marché le « Grenier du Burundi » a dit qu’elle ne connaissait pas la mesure prise en vue de mieux se préparer,  mais qu’elle doit s’adapter à condition qu’elle trouve une place au marché de Ngagara II. « J’étais commerçante ambulante. J’étais emprisonnée tous les jours. Je ne veux pas encore vivre des cas pareils. Je demande d’être sédentarisée pour ne pas tomber dans le même piège », a-t-elle martelé.
D’un autre côté, les commerçants qui ont rejoint le marché de Ngagara II depuis longtemps avaient toujours réclamé la fermeture du « Grenier du Burundi » ainsi que de toutes les boutiques éparpillées aux environs de l’ex-marché central pour que le marché de Ngagara II soit redynamisé. La raison avancée par ces commerçants est que tant que les clients trouvent les denrées alimentaires dont ils ont besoin au centre-ville, ils n’ont pas besoin de se déplacer vers le marché de Ngagara II.

Du côté des clients du « Grenier du Burundi », les lamentations ne manquent pas. Certains d’entre eux font savoir qu’ils s’approvisionnaient dans presque tous les produits vivriers à cet endroit situé à l’ex-marché central de Bujumbura juste avant de rentrer à la maison. Ils affirment que la tâche ne sera pas facile pour eux.

«  Le Grenier du Burundi » était au centre-ville. Mes enfants aiment les fruits. Quand je rentre le soir, je passe au « Grenier du Burundi » pour acheter les fruits et d’autres produits alimentaires, mais je ne vois pas comment je pourrai passer au marché de Ngagara II à 17h30 et puis retourner au centre-ville pour prendre le bus de Musaga », indique Innocent Ingabire mère de trois enfants, banquière et habitant au quartier de Gasekebuye avant d’ajouter que les acheteurs à majorité des fonctionnaires et des agents des entreprises privées se trouvent au centre- ville.

Face à ces défis, la chargée de la communication à la mairie Mme candide Kazatsa tranquillise les commerçants du « Grenier du Burundi » que le commissaire du marché de Ngagara II les attend chaleureusement pour enregistrement. Elle invite les commerçants qui vont déménager vers le marché de Ngagara II à ne pas se sentir ridicules car la situation va bientôt se normaliser.

Un « ouf » de soulagement pour les bénéficiaires

Cependant au marché de Ngagara II, les préparatifs sont en cours. Les stands qui étaient fermés sont aujourd’hui rouverts. Les commerçants grossistes qui exerçaient au marché Bujumbura City Market communément appelé « Chez Sion » qui ont déménagé vers le marché de Ngagara II sur décision de la mairie de Bujumbura arborent un bon air. « Nous nous réjouissons et saluons l’initiative de l’Etat de prendre cette mesure, car l’Etat va encaisser une somme énorme. Et nous, commerçants, allons bénéficier de l’allègement des frais de loyer, car le stand qui était à 70000 FBu Chez Sion revient à 20000 FBu au marché de Ngagara II », a expliqué un commerçant rencontré au marché de Ngagara II.

A propos de l'auteur

Dieudonné Bukuru.

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