Développement

FONIC : 80% des subventions orientées vers la création des AGR

Depuis 2015, le gouvernement du Burundi finance chaque commune et chaque année par une subvention de 500 millions de FBu pour l’autopromotion des collectivités locales. Autrefois orientés dans les projets selon les besoins communaux, pour l’année 2018, ils seront orientés suivant une ligne directrice. Cette dernière affecte 20 % des subventions à la construction des infrastructures sociales et 80 % à la création des Activités Génératrices de Revenus (AGR)

« Pour l’année 2018, une attention particulière sera portée sur les projets générateurs de revenus », indique Thomas Bigirindavyi, chef de service formation et renforcement des capacités au sein du Fonds National d’Investissement Communal (FONIC). Cependant, il précise que les AGR sont exigeantes en termes de suivi. Pour y arriver, M.Bigirindavyi explique que le FONIC compte collaborer avec les acteurs qui opèrent au niveau des communes, mais aussi avec d’autres partenaires au niveau national notamment les universités. Il fait référence au document élaboré par l’Université du Burundi en collaboration avec le FONIC intitulé « Guide écomomique du développement communal ».

Thomas Bigirindavyi, chef de service formation et renforcement des capacités au sein du FONIC : « Le FONIC n’est pas là pour proposer des projets aux communes. Seulement il analyse si les projets qui proviennent des communes ont été élaborés dans les normes. Et, de ce fait, sont réalisables techniquement et financièrement »

Concernant le suivi-évaluation des projets à réaliser au niveau des communes, M.Bigirindavyi souligne que lorsqu’il s’agit des projets qui rentrent dans le domaine agro-pastoral, le FONIC va collaborer avec les structures d’encadrement agricole qui opèrent dans la commune, notamment la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage (DPAE).

Lorsqu’il s’agit des projets générateurs de revenus, mais qui ne rentrent pas dans le domaine agricole, le FONIC pourra passer par d’autres acteurs qui interviennent dans le domaine, fait-il remarquer. Et de lancer : « C’est plus le partenariat qui va compter et qui va garantir l’atteinte des objectifs, c’est-à-dire l’augmentation des revenus au niveau des ménages avec l’appui du gouvernement et d’autres acteurs »

Une participation financière est à exiger

Afin de renforcer l’appropriation, le FONIC ou la commune doit exiger aux bénéficiaires une participation financière afin de limiter le nombre d’aventuriers. Les expériences ont démontré que ces derniers initient des AGR par simple motivation d’existence des subventions, fait savoir M. Ferdinand Dieudonné Hakizimana qui a présenté un exposé sur l’accompagnement des AGR par les communes. Il a indiqué que « l’expérience du passé a démontré que les populations ont tendance à assimiler les subventions à des fonds perdus. Aussitôt ces derniers reçus, les bénéficiaires revendent les subventions en nature ». Il ajoute tout de même que la participation à elle seule ne suffit pas, mais qu’elle doit être accompagnée d’un mécanisme de suivi.

« Un long processus de création des AGR »

M.Hakizimana énumère six phases dans la création des AGR. Il s’agit de l’identification ou de la sélection des AGR, de la formation ou de la sensibilisation des promoteurs des AGR, de la formation en entrepreneuriat. Il s’agit aussi de l’appui à l’élaboration des AGR rentables, du renforcement des capacités des gestionnaires des AGR et de la mobilisation des fonds et de l’appui-conseil aux AGR.

Les participants lors de la séance d’évaluation des projets communaux suivant les exposés avec attention

Sur ce, quelques administratifs se sont inquiétés quant à l’engagement des budgets. Ils indiquent que ces derniers seront engagés à de faibles taux, car le processus de création des AGR est long.

Nadine Nsabimana, conseiller technique chargé du développement dans la commune Mwumba de la province Ngozi déplore le fait que les projets orientés vers le secteur agricole pourraient ne pas être exécutés vu que la saison sèche approche et qu’il prendra fin vers la fin de l’année. Pour elle, à voir le processus de création des AGR, l’année pourra toucher à sa fin avant que les budgets ne soient engagés. Les administratifs déplorent aussi le fait que les communes ne disposent pas de techniciens ou d’experts outillés en matière entrepreneuriale.

Le FONIC se justifie

Face aux allégations comme quoi le FONIC est trop regardant par rapport aux projets soumis, M. Bigirindavyi explique que le FONIC n’est pas là pour proposer des projets aux communes. Seulement il analyse si les projets qui proviennent des communes ont été élaborés dans les normes. Et, de ce fait, sont réalisables techniquement et financièrement. Il justifie : « le FONIC n’a pas intérêt à retarder les projets .Plutôt il a intérêt à ce que les projets puissent être réalises rapidement. Le budget est annuel. Il faut que son exécution soit aussi annuelle ».

« Le transfert des fonds n’aura pas d’impact négatif »

L’article 29 de la loi des finances, exercice 2018, stipule : « L’Etat octroie une subvention de 500 millions de FBu à chaque commune .Le décaissement de ces fonds se fera progressivement en fonction de la capacité d’absorption de chaque commune. Les fonds engagés sont transférés directement sur les comptes des communes. Une ordonnance du ministère ayant les finances dans ses attributions détermine les modalités de ce transfert ».

A la question de savoir si le transfert direct de ces fonds sur les comptes des communes n’aura pas d’impacts négatifs sur l’exécution des projets communaux, M.Bigirindavyi répond : « Il n’y aura pas d’impact négatif parce que que ce soit le FONIC ou les organes qui ont décidé que ces fonds soient directement transférés sur les comptes des communes, tous œuvrent pour le développement des communes. Si demain ou après-demain ceux qui ont pris cette décision l’évaluent et qu’ils trouvent que cette dernière peut entrainer des impacts négatifs, ils pourront voir comment redresser la situation ».

Tout a été dit dans la réunion technique d’évaluation pour l’année 2017 et des perspectives pour l’année 2018 tenu le 30 janvier 2018 par le FONIC à l’intention des administrateurs communaux, des présidents des conseils communaux et d’autres invités. Pour les projets exécutés en 2017, le taux d’engagement du budget a atteint un pourcentage de 99,92 %.

A propos de l'auteur

Mathias Ntibarikure.

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