Cooperation

UE : Suspension de l’aide directe au Burundi

Le Conseil de l’Union Européenne a suspendu depuis ce lundi 14 mars 2016 les appuis financiers directs fournis à l’administration burundaise, y compris les appuis budgétaires. Cependant, il maintient son soutien financier à la population et son aide humanitaire.burundi-ue-drapeaux-pied-table

 

Dans sa déclaration du 14 mars 2016, le Conseil de l’UE a conclu la procédure de consultation avec le Burundi au titre de l’article 96 de l’accord de partenariat UE-ACP (accord de Cotonou). Les propositions d’engagements présentées par le gouvernement burundais sont insuffisantes pour répondre aux préoccupations de l’UE; d’où la suspension de l’aide directe au Burundi.

 

« La situation au Burundi reste très préoccupante pour l’UE bien que nous ayons récemment entrevu quelques lueurs d’espoir. La décision prise aujourd’hui indique clairement que pour que nos relations reprennent totalement, nous attendons qu’un certain nombre de mesures concrètes soient mises en œuvre. L’effort que nous demandons est réalisable, avec de la volonté et de la détermination: il repose sur des mesures et des processus déjà mis en place par l’Union Africaine, la Communauté Est-Africaine et l’Organisation des Nations Unies, et salués par les cinq chefs d’État africains mandatés par l’Union Africaine. Nous pensons notamment qu’il peut contribuer au dialogue inter-burundais mené sous la médiation de la Communauté Est-Africaine, qui joue un rôle essentiel dans la recherche d’une solution politique durable à la crise », a déclaré Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

 

Cependant ,Neven Mimica, Commissaire de l’UE pour la coopération internationale et le développement fait savoir que l’UE est et restera fermement engagée auprès de la population burundaise dans cette crise qui a fait déjà plus de 400 morts et des milliers de blessés et a forcé plus de 240 000 personnes à se réfugier dans les pays voisins. « Notre solidarité avec le peuple burundais, première victime de cette crise, reste entière. Nous demandons instamment au gouvernement de faire preuve de la volonté nécessaire pour que nos relations avec le Burundi se normalisent à nouveau. Parallèlement, des projets financés par l’UE visant à assurer l’accès de la population aux services de base, mais sans acheminer les ressources financières par des comptes détenus par le gouvernement burundais sont en cours d’élaboration et l’UE reste déterminée à fournir une aide d’urgence », précise-t-elle.

 

Du côté du gouvernement burundais, Philippe Nzobonariba, porte- parole, a indiqué dans un communiqué que l’Union Européenne n’a pas pris en compte l’évolution positive de la situation en rapport avec le dialogue inclusif inter burundais en cours ainsi que les récentes mesures prises en rapport avec les droits de l’homme notamment la grâce accordée à plus de 2.000 prisonniers, l’annulation des mandats d’arrêt contre certaines personnalités, la libération de plusieurs détenus en rapport avec le mouvement insurrectionnel de même que la réouverture de quelques radios privées. Tout cela après une instruction diligente de leurs dossiers, sur demande du Gouvernement.

 

Dans le souci de préserver toute la transparence nécessaire et de parer aux éventuelles opérations de blanchiment de ces financements ainsi que leur détournement vers d’autres activités suspectes, M. Nzobonariba a rappelé que les fonds destinés aux projets pour le bien-être de la population devront passer par les comptes de la Banque Centrale conformément à la loi en la matière et en vigueur, tout en restant dans leur intégralité à l’entière disposition de la population bénéficiaire.

 

Signalons que cette décision du conseil de l’UE tombe à l’issue des une période des consultations engagées avec le gouvernement burundais en rapport avec l’article 96 de l’accord de Cotonou afin d’examiner les préoccupations exprimées et de trouver les moyens pour y remédier. Les représentants du gouvernement burundais ont présenté des propositions d’engagements. Toutefois, celles-ci ont jusqu’à présent été jugées insatisfaisantes par l’UE.

 

L’article 96 constitue la base juridique permettant la suspension de l’accord de Cotonou à l’issue d’une période de dialogue au cas où une des parties estime que les éléments essentiels et fondamentaux de l’accord ne sont pas respectés.

A propos de l'auteur

Bella-Sonia Ndamiye.

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