Commerce

Quand un aliment de base devient un luxe

Le haricot, aliment de base pour la majorité des ménages burundais, a atteint un prix record depuis le début du mois d’avril 2025.Et cela malgré la fixation des prix officiels par le ministère en charge du commerce en mars 2025. Cette flambée des prix qui s’ajoute à celle d’autres denrées alimentaires met à rude épreuve le portefeuille des consommateurs.

Les prix des haricots ont fortement augmenté depuis le début du mois d’avril.

 

Le 27 avril 2026, au marché dit chez Sion, sous une fine pluie, les vendeurs attendaient leurs clients comme à l’accoutumée. Notre attention s’est portée principalement sur une seule denrée : le haricot. Ce qu’on pouvait remarquer directement, c’est que la disponibilité des haricots dans les différents stands était nettement réduite par rapport aux mois précédents. Les quelques marchands qui en proposaient affichaient des prix élevés : un kilo de haricots frais se négociait entre 10 000 et 12 000 FBu, les haricots jaunes se vendaient entre 6 000 et 6 500 FBu, les haricots « Kinure » coûtaient entre 5 000 et 5 500 FBu, tandis que les haricots dits « Kirundo » se négociaient entre 4 500 et 4 800 FBu. Les prix étaient identiques dans les dépôts de gros de Kanyosha et dans d’autres quartiers ainsi que dans certaines localités de Butanyerera et de Burunga. Or, les haricots vendus à Bujumbura proviennent en grande partie de l’intérieur du pays. Ce qui montre que la situation est nationale.

Les consommateurs rencontrés affirment que les prix des haricots ont fortement augmenté depuis le début du mois d’avril. Les mois précédents, les haricots secs étaient déjà chers, mais jamais à ce point. L’un d’eux raconte qu’il y a moins de trois semaines, il avait acheté un kilo de haricot Kinure à 3 500 FBu.

Selon lui, cette flambée des prix des haricots est préoccupante, car les haricots constituent un aliment indispensable dans les plats de presque toutes les familles burundaises, en ville comme à la campagne. Cette cherté des haricots, combinée à celle d’autres produits de première nécessité, plonge les ménages dans la difficulté. Nos interlocuteurs espèrent que les prix baisseront à la fin du mois de mai avec l’arrivée des nouvelles récoltes.

Un prix jamais vu

Les commerçants rencontrés confirment que c’est la première fois que les haricots atteignent ces prix. « J’ai plus de dix ans d’expérience dans le commerce des denrées alimentaires, c’est la première fois que je vends les haricots à de tels prix », témoigne un vendeur de Kanyosha. Comme il l’explique, d’ordinaire, les hausses des prix surviennent en période de semis et un peu avant la récolte, mais elles n’avaient jamais atteint ce seuil.

Ces commerçants rejettent l’idée qu’ils profitent de la situation : « Nous achetons aussi les haricots à des prix élevés et nous sommes obligés de supporter des coûts de transport. Ce qui nous mettent parfois en perte. Beaucoup de grossistes ne parviennent plus à acheter les quantités habituelles faute de moyens », témoigne-t-il.

Selon plusieurs témoignages, la flambée des prix des haricots trouve son origine dans une récolte insuffisante lors de la saison culturale 2025B. Le bulletin du PAM publié en mars 2025 indiquait déjà que le déficit hydrique avait affecté les récoltes de la première saison (2025A) dans le Nord, touchant plus de 36 000 ménages agricoles dans les régions de Kirundo et de Muyinga. Ce manque d’eau avait également limité les semis pour la deuxième saison culturale (2025B), aggravant ainsi la situation. A cette difficulté s’est ajoutée la pénurie actuelle de carburant qui a amplifié le problème en faisant grimper les coûts de transport, lesquels se répercutent directement sur les prix de vente.

Il convient de rappeler que selon l’ordonnance ministérielle n° 750/1234 du 27 mars 2025 qui fixait le barème des prix de certains produits alimentaires du panier ménager au Burundi, les haricots jaunes ne devraient pas être vendus en dessous de 4 500 FBu ni au-dessus de 6 000 FBu. Quant aux haricots mélangés, ils ne devraient pas coûter moins de 2 500 FBu ni dépasser 3 500 FBu.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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