Gouvernance

Le Burundi classé parmi les pays les plus corrompus en Afrique

Ce vendredi 25 août 2017, Parcem a tenu une conférence de presse dans laquelle cette ONG a présenté l’état des lieux du Burundi en matière de lutte contre la corruption et les malversations économiques. Le Burundi est classé parmi huit premiers pays les plus corrompus dans le monde. Cela après 7 ans de la déclaration par le chef de l’Etat de la politique de tolérance zéro aux actes de corruption et de malversation économique dans ce pays.

Faustin Ndikumana, représentant légal de Parcem : « La corruption dans notre pays est devenue systémique »

Le représentant légal de Parcem, Faustin Ndikumana dénonce la non application de la politique de tolérance zéro à la corruption et malversations économiques mise en place le 26 août 2010.  « Le 26 août  2017, exactement 7 ans après la déclaration de la politique de tolérance zéro aux actes de corruption et malversations économiques par le Président de la République du Burundi. Parcem s’est senti alors interpeller pour évaluer la situation de la mise en application de cette politique», précise-t-il avant d’ajouter qu’à cette occasion, Parcem a sorti un rapport  d’analyse par rapport à l’état des lieux de la machine anticorruption dans le  pays. Il précise qu’en matière de lutte contre  la corruption, l’ONG Transparency International a classé le Burundi parmi les huit  premiers pays les plus corrompus au niveau mondial et parmi  les quatre premiers pays les plus corrompus au niveau africain alors qu’en 2006 il occupait la  36ème position au niveau mondial.

Par conséquent, en 2016, l’indice de développement humain du PNUD classe  le Burundi le 184ème sur 188 pays évalués. Etant donné que la mauvaise gouvernance affecte aussi l’économie du pays, en matière de compétitivité économique, le Burundi a perdu 5 places car il a été classé respectivement  152ème en 2015 et 157ème en 2016 sur 190 pays évalués selon le classement de Doing Business. Là où la réanimation de la machine de lutte contre la corruption s’avère nécessaire tout en sensibilisant la population en générale et la jeunesse en particulier sur la lutte contre ce fléau, poursuit-il.

« La corruption dans notre pays est devenue systémique. C’est pourquoi je lance un appel pressant aux instances habilitées pour qu’elles relancent la machine anticorruption afin de pallier à ce fléau », insiste Ndikumana. Les institutions de lutte contre la corruption ne fonctionnent plus bien. On peut se demander pourquoi les décisions prises dans des retraites gouvernementales n’entrent pas en vigueur. « Même le ministre de la Justice a dit que les institutions chargées  de lutte contre la corruption sont les premières à être corrompues », affirme Ndikumana. Et il se demande pourquoi la cour anticorruption ne se ressaisisse pas pour traquer ces corrompus et corrupteurs.

Arrêt de la politique de tolérance zéro

Parcem constate que la politique de tolérance zéro s’est regrettablement arrêtée.  « Si on analyse même la petite corruption et la grande corruption, la petite corruption maintenant est presque devenue une règle. Il y a dans certaines entités administratives un accord tacite qui fait qu’avant de demander un service, le citoyen sait ce qu’il doit faire avant d’accéder à ce service. », s’indigne Faustin Ndikumana.

Quant à la grande corruption, elle est constituée en grande partie des infractions connexes à la corruption c’est par exemple la concussion qui est le fait de percevoir des contributions, des cotisations en dehors de toutes  règles normatives. Selon toujours Ndikumana, on se demande quelle norme de comptabilité publique sera utilisée pour gérer ces fonds, le système de contrôle qui sera utilisé pour contrôler la gestion de ces fonds ? « Ce sont des préoccupations qui restent sans réponses », indique-t-il. Et il révèle qu’on le voit dans les écoles secondaires et dans certains secteurs administratifs. Pourtant la loi est assez sévère par rapport à tels genres de comportements. Lors de la présentation de son rapport, il a précisé qu’il y a des gens, qui aujourd’hui, se donnent le droit d’accéder aux marchés publics sans toutefois qu’il y ait un minimum d’appel d’offre.

Pour toutes ces infractions, l’OLUCOM a sorti un rapport qui présente le nombre de cas déjà traités par cette ONG. Par rapport au point concernant les dénonciations, au cours de l’année 2016, l’OLUCOME a traité 47 cas de corruption sur 170 cas enregistrés dans les secteurs de l’éducation, du commerce, de la sécurité, de l’administration, des finances publiques causant un préjudice financier à l’Etat estimé à 240 406 500 000 francs burundais. Ce montant regorge notamment  de dossiers de corruption et malversations  relatifs au montant sans trace dans le budget  général de l’Etat de 40 milliards FBu par an depuis l’année 2010 déduit sur les salaires mensuels de chaque policier et militaire burundais  en mission de maintien de la paix à l’étranger et sur le  matériel militaire loué par les Nations Unies dans ces missions de maintien de la paix; de 375 millions FBu collectés par les jeunes au titre des frais de sécurité en mairie de Bujumbura ; des loyers impayés à la Banque de la République du Burundi par le ministre de la Justice et Garde des sceaux évalués à 31 500 000 FBu, … Ces fonds sans traces amassés  par les privilégiés de la République ci-haut mentionnés montrent à suffisance que la corruption a beaucoup augmenté  cette année en comparant avec les statistiques des rapports de l’OLUCOME des années antérieures.

Signalons que la situation  socio-économique du pays se présentait ainsi alors que le Burundi a ratifié les conventions internationales et promulgué les lois nationales telles que le Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC) qui garantit une vie digne à tout citoyen, la Convention des Nations Unies de Lutte contre la Corruption (CNULC), la Convention Africaine de Lutte contre la Corruption, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Charte africaine pour la démocratie et la gouvernance, la Constitution burundaise, la loi organique des finances publiques, la loi budgétaire, la loi des finances communales et municipales.

A propos de l'auteur

Eric Ndayihaya.

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