Agriculture

Provinces Gitega et Karusi : PAIVA-B transfère la chaîne de solidarité communautaire bovine aux bénéficiaires.

Le Projet d’Appui à l’Intensification et à la Valorisation Agricoles du Burundi (PAIVA-B, un des projets financés par le FIDA au Burundi) a transféré officiellement la chaîne de solidarité communautaire bovine aux bénéficiaires de cinq communes des provinces Gitega et Karusi. L’administration et les bénéficiaires s’engagent à pérenniser la chaîne.C’était le 11 et le 12 octobre 2017.

« Dans l’étable se trouve PAIVA-B, dans les champs se trouve PAIVA-B, dans la salle se trouve PAIVA-B. Si c’était possible, on allait porter sur le dos PAIVA-B et circuler avec lui comme on le fait pour les bébés ». Tels sont quelques slogans scandés par les bénéficiaires des bovins et caprins dans les provinces de Gitega et Karusi de la part du projet PAIVA-B. Huit ans avec l’appui dudit projet, ces agri-éleveurs dont l’âge varie entre 30 ans et plus n’hésitent pas à manifester leur sentiment de satisfaction. Prenant en main le projet, ilssont décidés à le pérenniser. Cette position est soutenue même par l’administration. Les cinq communes concernées par cette activité sont : Bugenyuzi, Buhiga et Gitaramukade la province Karusi ;Mutaho etBugendana de la province Gitega.

PAIVA-B explique

« Toute chose a un début et une fin. Aujourd’hui, nous affirmons que nous avons atteint nos objectifs. Les bénéficiaires de bovinsont bienassimilé tout ce que nous leur avons appris. Ils peuvent s’auto-développer et entretenir leurs vaches. Raison pour laquelle nous procédons au transfert de la chaîne de solidarité communautaire bovine. Pour les communes de Karusi, de 2010 à 2014 nous avons distribué 973 vaches et nous transférons 2041 vaches », déclare HérménégildeRufyikiri, coordonnateur national du PAIVA-B. Selon lui, ça fait déjà huit ans que le PAIVA-B est sur le terrain avec les bénéficiaires et les structures décentralisées.

Il indique qu’après la distribution des bovins en 2010, PAIVA-B a procédéà la formation des bénéficiaires sur la manière dont ils vont entretenir les bovins pour mieux produire. Pour lui, il est temps que les bénéficiaires prennent en main leur destinée. Et d’affirmer : « Les institutions locales sont pour le moment capables de planifier, de coordonner et de suivre les objectifs du projet et, partant, de participer à la pérennisation des acquis du projet».

Par ailleurs, confie-t-il, ce qui le rend confiant est que les bénéficiaires vont assurer eux-mêmes la gestion de la chaîne sans problème. C’est surtout l’entretien et l’alimentation correcte des bovins par la majorité des ménages bénéficiaires, le remboursement du ciment déjà maîtrisé, le renforcement des capacités des comités de développement communautaires (CDC)sur la planification, le suivi et évaluation des activités.

L’autreélément rassurant, est l’augmentation de la production du riz dans les marais aménagés de façon constante et durable. « Elle a doublé voire triplé», M. Rufyikiri ajoute que les Associations des Usagers des Marais (AUM) créées sont actuellement capables de prendre en charge durablement la maintenance des ressources en eaux et des terres.

Il précise également que comme la production a été très vite importante, nous avons mis en place les centres de collecte de lait à travers l’organisation des bénéficiaires en coopératives.

Un bovin octroyé par le projet PAIVA-B à un bénéficiaire

Le PAIVA-B ne part pas pour de bon

Les bénéficiaires du PAIVA-B doivent savoir que le projet n’est pas à son terme. Il est prévu une évaluation que les structures du PAIVA-B vont faire tous les trois mois. Cela pour voir l’état d’avancement de la gestion de la chaîne de solidarité communautaire bovine par les bénéficiaires.

L’administration tranquillise

« Le projet PAIVA-B vient d’effectuer un transfert d’une des composantes de ses activités aux bénéficiaires qui sont l’administration, les services techniques et la population. En tant que services techniques publics, nous savons que si un projet termine sa phase de mise en œuvre, ce sont nos services qui prennent la relève pour assurer la pérennisation des résultats déjà atteints par le projet. Nous sommes confiants et conscients que la suite sera donc positive », rassure Gustave Majambere, directeur provincial de l’agriculture et de l’élevage dans la province de Karusi.

Les stratégies mises en œuvre pour assurer le suivi du projet sont, selon lui, le renforcement de la collaboration étroite entre les comités, les techniciens et l’administration territoriale. Bien que les moyens ne soient pas suffisants, M. Majambere informe que les techniciens vont user de leur force pour suivre de prèsla chaîne de solidarité communautaire.

« Par ailleurs, le projet PAIVA-B est exécuté dans un cadre d’approche programme régional qui coordonne tous les projets financés par le FIDAau centre. Cette coordination est également un interlocuteurvalable pour la rentabilisation du projet », martèle-t-il.

Cependant, M. Majamberedéploreque certains bénéficiaires violent les contrats de la chaîne de solidarité communautaire. Il rappelle également que des comités collinaires chargés du suivi de la chaîne de solidarité accusent des défaillances.

Il signale que le DPAE sera obligé de retirer les bovins aux bénéficiaires qui ne les entretiennent pas bien et de les confier à d’autres ménages. Et d’ajouter : « Les comités collinaires accusantdes manquements seront à leur tour restructurer ».

Abondant dans le même sens, Innocent Nkurunziza, conseiller économique du gouverneur de la province Gitega certifie que les bovins n’appartiennent pas normalement au projet, mais aux bénéficiaires. Cependant, continue-t-il, les bovins sont bénéfiques non seulement pour les bénéficiaires, mais aussi pour toute la population grâce au lait et au fumier qu’ils donnent. « C’est pourquoi les sanctions doivent être appliquées à tout membre de la chaîne voulant la déstabiliser ».

Carte d’intervention du projet

A cela, Aaron Nsavyimana, conseiller technique chargé du développement dans la commune Mutaho estime que la police et la justice doivent jouer leurs rôles afin de remettre sur les rails les bénéficiaires défaillants.

Une population engagée

Les contraintes de commercialisation des surplus du lait ne sont pas résolues selon les bénéficiaires des bovins. Ceux de la province Karusi ont du mal a écoulé le lait trait le soir tandis que ceux de la province Gitega souhaitent que le prix du litre de lait passe de 600 FBu à 720 FBu. Toutefois, les bienfaits du fumier sur les cultures permettent l’augmentation de la production. Les surplus vendus sur le marché permettent aux bénéficiaires de s’approvisionner pour satisfaire d’autres besoins familiaux.

Faisant référence à tous les bienfaits du PAIVA-B, RénildeBuhembe, présidente de la coopérative laitière de Bugendana se dit déterminée à pérenniser les acquis du projet. Elle affirme que suite aux formations, aux conseils, aux outils et aux techniques reçus, rien n’empêchera les agri-éleveurs d’élever les bovins dans les bonnes conditions.

Les activités transférées sont : le suivi des bovins distribués par le projet directement et à travers la chaîne de solidarité communautaire, la gestion de la chaîne de solidarité communautaire (ciblage des futurs bénéficiaires, distribution,…), le suivi du remboursement des animaux et du ciment, le suivi de la gestion des fonds issus de la vente des carcasses, la mise à jour régulière de la base des données de la chaîne de solidarité communautaire.

Le PAIVA-B a ensuite remis les documents suivants aux bénéficiaires : Un recueil avec la situation de la chaîne de solidarité communautaire au niveau communal et collinaire, les listes des bénéficiaires mises à jour à fin juin 2017, la situation de remboursement du ciment, la situation des recettes issues de la vente des carcasses et une brochure de la stratégie de pérennisation des activités financées par le PAIVA-B.

Le principe de la chaîne de solidarité communautaire bovine est organisé comme suit : le projet donne une vache à une personne. A la première mise-bas, le veau est transféré à un autre ménage qui fera de même quand la vache lui donnera un veau et la chaîne se perpétue.

Notons que l’objectif général du PAIVA-B est le développement d’une agriculture familiale, organisée, commerciale, rentable et durable permettant un accroissement des revenus des petits exploitants des six provinces d’intervention. Celles-ci sont Gitega et Karusi en première phase, Cibitoke et Kayanza en deuxième phase et Bubanza et Muramvya.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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